Face à la délinquance et aux phénomènes de criminalité dans la capitale (vols, agressions, harcèlement en rue,…) mais aussi face aux incivilités qui “polluent la vie” des habitants, il est  indispensable de mettre tout en œuvre pour prévenir et contenir ces phénomènes criminogènes et surtout faire disparaître le sentiment d’insécurité. La sécurité constitue en effet l’un des plus grands enjeux politiques à Bruxelles, comme dans toute capitale, caractérisée par ses multiples secteurs d’activités: commerçant, culturel, de formation, espace de revendication, notamment au niveau européen, etc. Plus que dans toute autre ville, nous devons pouvoir répondre aux attentes des habitants, mais aussi des commerçants, navetteurs, touristes, etc. Dans ce cadre, à l’initiative de la section MR de la ville de Bruxelles, nous avons invité mercredi soir Guido Van Wymersch, ancien chef de corps de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles et Marc Cools, professeur en criminologie à l’Université de Gand.

La manière d’organiser les forces de l’ordre permettra une meilleure coordination ainsi qu’une intervention plus rapide.

Actuellement, il existe six zones de polices à Bruxelles, constituée chacune de plusieurs communes. Leur fusion ou regroupement fait régulièrement débat. Le Professeur Marc Cools a été chargé de réaliser une étude sur les formes de collaboration et d’intentions en matière d’association ou de fusion des zones de police dans chaque Province du pays. Les résultats ont permis de mettre en lumière que la majorité des provinces était favorable à une fusion, du moins pour ce qui est d’une économie d’échelle mais en conservant une police de proximité et en répondant aux spécificités de chaque zone. Il faut donc trouver un équilibre en la matière. Fusions ou mise en commun de certains moyens ou fonctionnalités? Le débat reste ouvert. Les zones bruxelloises partagent déjà énormément de services de supports. Concrètement, il est opportun  de centraliser la capacité de commandement notamment en créant un dispatching général au niveau de la Région, mais tout en gardant un dispatching au niveau local pour les Bourgmestres en cas de besoin. Il aurait pour but de récolter toutes les informations sur toutes les communes et travaillerait directement avec les zones de police.

En effet, la circulation de l’information au sein des forces de l’ordre est indispensable pour résoudre des enquêtes et réagir efficacement. Guido Van Wymersch, l’ancien chef de corps de zone de police a notamment avancé que lors des derniers évènements majeurs qui ont marqué notre pays: le drame du Heysel, les tueurs du Brabant, l’affaire Dutroux ou les derniers attentats du 22 mars, la principale difficulté était l’accès à l’information et la circulation de celle-ci au sein des forces de l’ordre. Marc Cools, professeur de criminologie l’a également précisé: “il faut une bonne coordination au niveau de l’information”.

Pour collecter ces informations, le citoyen et la technologie (caméras de surveillance) peuvent avoir un rôle à jouer. Toutefois, cela doit se faire dans les limites prévues par la loi et en collaboration avec la police et sous la coordination de celle-ci, sans oublier l’équilibre à trouver avec le respect  de la protection de la vie privée. Les deux intervenants ont également souligné l’importance du rôle des services de prévention et des agents privés dans leur collaboration avec les forces de l’ordre. Cette collaboration est de plus en plus élargie, dans le respect du rôle et des compétences de chacun.


Si la Belgique est un des pays qui a le plus de policiers par habitant, leur présence physique n’est pas toujours visible sur le terrain. Il est donc important de redéfinir leurs tâches et d’en déléguer certaines plus administratives. C’est en effet en passant par un bon fonctionnement des services de sécurité et des services de justice que les attentes des citoyens en termes de sécurité  pourront être rencontrées.