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juin 7, 2017

Déclaration devant la Conférence Océan de l’ONU à New York

Ces 5 et 6 juin, j’ai participé à la première Conférence Océan des Nations Unies à New York.

Le but de cette conférence était de réunir les représentants de la communauté internationale pour la mise en œuvre de l’objectif de développement durable (ODD) 14, « La vie aquatique », qui est spécifiquement dédié aux mers et aux océans. J’ai mené la délégation belge et souligné les efforts belges sur le plan de la biodiversité marine.

Voici ma déclaration, au nom de la Belgique, devant la Conférence Océan:

Excellences, mesdames et messieurs, chers amis,

Permettez-moi d’abord de féliciter Fidji et la Suède d’avoir pris l’initiative d’organiser la toute première Conférence des Nations Unies sur l’Océan. Je tiens également à rendre hommage à  la gestion remarquable du Président de l’Assemblée générale, M. Peter Thomson.  Je voudrais aussi remercier les facilitateurs pour leur précieux travail qui a permis de parvenir à  un texte final. Le débat de cette semaine sur la conservation de la vie sous l’eau doit galvaniser les efforts visant à mettre en œuvre les engagements globaux dans le cadre de l’objectif de développement durable 14.

La santé des océans, des mers et des zones côtières est indispensable à notre avenir durable. Les océans contribuent à l’éradication de la pauvreté en offrant des possibilités de moyens d’existence et d’emplois durables. Ils sont essentiels pour la sécurité alimentaire mondiale et pour la santé humaine. Réaliser l’ODD14 permettra aussi d’avancer  dans la  mise en œuvre  de plusieurs autres objectifs de développement durable.

Les membres des Nations Unies sont désireux de s’inspirer des engagements locaux ou nationaux. Profitons de cette conférence mondiale pour partager les expériences et les meilleures pratiques sur la façon de conserver et d’utiliser durablement l’océan pour le bénéfice de tous. Pour réussir, il est nécessaire de renforcer la coopération internationale dans le cadre des Nations Unies et d’investir dans différents types d’instruments mondiaux et régionaux.

Pour faire face aux défis du développement durable, nous avons besoin d’une approche polyvalente qui implique, outre les gouvernements,  le secteur privé, la société civile, les groupes de réflexion et le monde académique. Grâce à notre propre processus de consultation national, j’ai réalisé combien les capitaines d’industrie belges offrent déjà des services et des solutions qui nous mettent sur la voie d’une économie bleue durable. Ils produisent  des solutions sur mesure, qu’il s’agisse  de l’énergie des vagues, des récifs artificiels, de l’énergie éolienne, solaire ou  hydroélectrique, du  dragage, de la récupération des terres, de la désalination  ou  du recyclage des déchets provenant des océans.

Au début de cette année, j’ai eu l’occasion  de visiter Fidji et de discuter des aspirations et des préoccupations des pays côtiers à faible altitude.  Nous sommes à leur écoute. Beaucoup de petits États insulaires en développement partagent des défis similaires en matière de développement durable.

L’attachement de la Belgique aux objectifs de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer se concrétise dans un plan d’aménagement marin que nous avons été les premiers à adopter. Il désigne un tiers de la partie belge de la mer du Nord comme  zone de conservation de la nature.

Dans la liste des contributions volontaires de cette conférence,  la Belgique a présenté un plan d’action sur les déchets marins visant à prévenir les déchets macros et  micros qui proviennent de sources terrestres ou maritimes.

Le Gouvernement belge a aussi décidé d’acquérir un nouveau navire de recherche multidisciplinaire. Ce navire, à la fine pointe de la technologie, sera, acoustiquement parlant, silencieux et équipé de dispositifs hydro-acoustiques ultra modernes ; il disposera d’un espace de 500 mètres carrés pour des laboratoires et des lieux de travail pouvant accueillir  28 scientifiques et techniciens. Sa zone de recherche s’étendra du pôle nord  à la Mer Méditerranée.

Le Ministre de la Mobilité et des Transports s’est quant à lui engagé à élaborer un plan d’action visant à réduire les dommages causés par les eaux de ballast des navires. À cet effet, la Belgique préconise vivement des partenariats avec le secteur privé,  les industries spécialisées et les centres de recherche.

Nous portons également une attention particulière à la problématique des engins de pêche abandonnés, perdus ou rejetés dans les océans chaque année. Hier, la Belgique en collaboration avec le Royaume de Tonga a organisé un side event sur cette thématique et a fait une contribution de    100.000 euros à l’ONG World Animal Protection pour lancer un vaste projet de nettoyage des engins de pêche dans l’Océan Pacifique. La Belgique a également signé la Déclaration de soutien à l’Initiative Global Ghost Gear lancée par cette même ONG.

La Belgique est particulièrement préoccupée par l’impact du changement climatique et reste fermement attachée à la réalisation des objectifs convenus dans l’Accord de Paris. La Belgique contribuera activement via des soutiens financiers et d’expertises à la réussite de la COP23 présidée par Fidji. En outre, de façon systématique, la Belgique assortit  son investissement politique d’un soutien financier grâce à des instruments tels que le Fonds vert pour le climat, le Fonds pour l’environnement mondial et le Fonds pour les pays les moins avancés.

La Région flamande en Belgique entretient un partenariat solide avec la Commission océanographique   intergouvernementale de l’UNESCO et contribue par l’intermédiaire du Fonds fiduciaire de l’UNESCO au Programme du patrimoine mondial marin.  Cette Commission de l’UNESCO a aussi été un excellent partenaire lors de l’organisation de l’Atelier sur la biodiversité, le développement des capacités et le transfert de technologie organisé en mars en Belgique par les Affaires étrangères belges.

Nous encourageons la création d’aires marines protégées. Dans ce sens, nous avons invité d’autres instances à se joindre à nous pour signer une déclaration à l’appui des réserves marines afin d’assurer une mise en œuvre significative de l’ODD 14.5.

L’aménagement du territoire maritime et marin devrait s’accélérer. A ce jour, seule une fraction des océans est correctement cartographiée et pourtant nous avons vraiment besoin  d’une meilleure compréhension du fonctionnement des écosystèmes des océans.  La Belgique est donc favorable à la suggestion que  la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO élabore une proposition déclarant 2021-2030 Décennie internationale des Nations Unies pour les sciences de l’océan pour le développement durable.

Excellences, Mesdames et Messieurs, chers amis des océans,
Sans eau, il n’y a pas de vie. Nous n’avons qu’une seule planète et elle est couverte jusqu’à 70% d’eau. A défaut d’océans sains, notre écosystème entier s’effondrera. Saisissons cette occasion et laissons cette 1ère conférence mondiale sur l’océan stimuler l’élan politique pour mettre en œuvre l’ODD14 et protéger la vie sous l’eau!

Je vous remercie.


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