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fév 14, 2017

J’organise une Conférence internationale sur la médiation à Bruxelles

J’organise ce mardi 14 février au palais d’Egmont à Bruxelles une conférence internationale sur la médiation. Avec le Roi Philippe, je viens de déclarer ouverte la conférence. La conférence de Bruxelles veut contribuer à ouvrir la voie à une réflexion plus large sur la médiation, en tant qu’instrument essentiel de gestion des conflits. Une douzaine de Ministres et orateurs de haut niveau ainsi que près de trois cents diplomates et experts participent à la conférence.

Les conflits dans le monde croissent non seulement en nombre mais aussi en intensité et en complexité. Le nouveau Secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres souhaite que l’ONU soit focalisée encore davantage sur la prévention des conflits et sur la médiation. Je partage entièrement ce point de vue. J’ai annoncé l’organisation de cette conférence au cours de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre de l’année passée. La Belgique tient à assumer sa responsabilité quant à la promotion et au maintien de la paix et de la sécurité internationale.

La conférence vise trois objectifs, qui seront abordés au sein de différents panels interactifs : encourager les échanges d’expériences entre les médiateurs actifs ; tirer des leçons de ces expériences afin d’optimiser la gestion présente et future des conflits ; et promouvoir un réseau inclusif pour la médiation entre les organisations, les experts et les pays intéressés. La médiation internationale doit en effet s’adapter aux nouvelles circonstances, avec une ouverture d’esprit, de nouvelles compétences et des techniques novatrices. La médiation doit aussi davantage se situer dans le contexte du développement durable de la paix : anticiper pour empêcher de retomber dans un conflit et élaborer des structures démocratiques capables de subsister en cas de nouvelles tensions. Cela dépasse le niveau local et national et requiert une contribution de la communauté internationale.

Les organisations régionales peuvent aussi jouer un rôle plus important. L’expertise présente et la réaction très positive à l’invitation garantissent une contribution concrète à la promotion de la négociation au sein des Nations Unies. Le slogan de la candidature belge pour un siège non permanent dans le Conseil de Sécurité des Nations Unies est ainsi mis en pratique : « Bâtir le consensus, agir pour la paix ».

>>> COMMUNIQUE DE PRESSE (F/N/E) : Didier Reynders organise une Conférence internationale sur la médiation à Bruxelles

Intervention prononcée le 14 février

Médiation : possibilités et limites

Expériences récentes en faveur de la paix

Sire, Chers collègues, Excellences, Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur et un plaisir de vous accueillir aujourd’hui au Palais d’Egmont pour notre Conférence Internationale de Haut niveau sur la médiation.

Je vous remercie d’avoir accepté en si grand nombre notre invitation. Je vous remercie tout particulièrement, Sire, d’avoir accepté de rehausser cet événement de votre présence et de continuer de la sorte à témoigner de votre intérêt et de votre engagement en faveur des actions et des initiatives menées par la Belgique au bénéfice de la paix et de la sécurité internationale.

Je tiens à saluer la présence de mes collègues les Ministres des Affaires étrangères d’Algérie, du Burkina-Faso, de Malaisie, du Népal, d’Ouganda et de Slovaquie, les vice-Ministres du Costa-Rica, d’Irak et de Lituanie, ainsi que le Secrétaire général  de l’Organisation de la Conférence islamique.

Je salue également les représentants des co-présidents du Groupe d’amis de la médiation, la Turquie et la Finlande.

Vous vous souviendrez peut être que, lors de la réunion de ce Groupe d’amis, pendant la semaine ministérielle de l’Assemblée générale des Nations Unies, j’avais annoncé la tenue de cette Conférence. Je suis très heureux d’avoir tenu parole.

Nous vivons désormais dans un monde, où des conflits, vieux de plusieurs années, s’éternisent et où nous ne semblons pas en mesure d’enrayer ceux qui éclatent.  Il est temps d’aborder les conflits autrement, de donner la priorité à la prévention et à la construction d’une paix durable. Ce sont des priorités que le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a clairement fait siennes. Je me félicite, au passage, du succès de la médiation coordonnée menée par les Nations  Unies et la CEDEAO, qui a permis un dénouement pacifique de la crise de succession en Gambie.

La Belgique pour sa part, souhaite assumer ses responsabilités dans la promotion et la sauvegarde de la paix et de la sécurité internationale. Etat fédéral, multiculturel, doté en conséquence d’un système institutionnel complexe, elle a une grande habitude des processus qui visent à dégager des solutions négociées et à rapprocher les points de vue. Ce sont des réflexes et des méthodes qui peuvent, ai-je l’impression, être mis à profit pour contribuer à sauvegarder la paix et la sécurité internationale. Nous avons donc présenté notre candidature à un siège non-permanent du Conseil de sécurité pour la période 2019-2020 et nous avons choisi comme fil conducteur de notre campagne « Construire le consensus, agir pour la paix ».

La médiation est, dans le contexte que j’ai décrit, devenue un instrument essentiel de la diplomatie, qu’il s’agisse de prévenir les conflits, de les contenir, ou de les résoudre.  Elle s’est déjà considérablement transformée et adaptée aux nouvelles formes de conflits : conflits internes, conflits asymétriques, conflits régionaux. Nous savons que pour réussir elle doit souvent se faire discrète mais cette discrétion ne doit pas – à long terme -  empêcher une réflexion sur les causes de ses succès et de ses échecs, afin de pouvoir en tirer les leçons pour l’avenir.

Notre objectif d’aujourd’hui est donc d’examiner les défis auxquels font face les processus de médiation, à la lumière de diverses situations et de divers types de médiation et d’affiner par là notre compréhension de ces processus. Nous avons délibérément choisi pour orateurs des experts et des praticiens de la médiation.

Dans quelques minutes, je donnerai la parole à deux « vétérans » infatigables de la médiation : Marti Ahtisaari et George Mitchell, qui pourront, dans notre session d’ouverture,  faire part de leur propre expérience et de leurs suggestions pour l’avenir.

Ensuite, nous aborderons trois thématiques, dans trois panels interactifs. Ces panels se tiendront sous les Chatham House rules et seront chacun suivis d’une session de question et réponses.

Le premier panel portera sur les opportunités et les limites de la médiation lorsque celle-ci doit s’exercer dans des circonstances extrêmes, en particulier dans de nouvelles formes de conflits, très violents, asymétriques, impliquant de nouveaux acteurs

Le 2ième panel  abordera les interactions et la complémentarité entre les divers intervenants de la médiation, qu’il s’agisse d’organisations internationales ou régionales, d’Etats, d’organisations non gouvernementales, de la société civile

Enfin, le 3e panel se penchera sur la mise en œuvre des résultats de la médiation.

Peter Maurer et Teresa Whitfield concluront avec moi-même nos débats et, j’espère, nous aideront à dégager quelques pistes  pour l’avenir.

Sire, chers collègues, Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je tiens encore à tous vous remercier pour votre présence aujourd’hui et je vous souhaite une conférence intéressante et riche en débats.

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