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mar 23, 2016

Le monde change mais l’on doit également défendre nos libertés et notre façon de vivre

On craignait depuis des jours, des mois, qu’un attentat ait lieu à Bruxelles, comme peut-être dans d’autres endroits en Europe. On se préparait à cela, malheureusement cela s’est produit et on pense aujourd’hui d’abord aux victimes, à leurs familles et à leurs proches.

La priorité est de leur venir en aide, avec les services de secours et, pour ce qui me concerne, en étant en contact avec des ambassades à l’étranger. Celles-ci nous posent des questions et nous apportent de nombreux messages de soutien. Ces soutiens sont venus de mes collègues européens mais également américain, iranien, libanais. Quand un collègue libanais vous appelle par solidarité depuis Beyrouth, on se rend compte que le monde change…

Nous devons nous habituer à avoir une vie presque normale, qui comporte des changements mais où l’on doit également défendre nos libertés et notre façon de vivre.

Afin de prévenir ce genre d’attentat, il faut surtout renforcer l’échange de renseignements. Nos services, qui n’ont pas la taille de ceux de grands pays, travaillent d’arrache-pied mais ont besoin qu’on les aide en matière d’échange d’information.

Chacun doit regarder la réalité en face. Il y a des choses à faire chez nous : lutter pour retrouver des criminels mais aussi un vrai travail pour changer les choses en termes de prévention, d’accès à l’enseignement, à l’emploi, de lutte contre les discriminations. Mais d’autres doivent également le faire dans d’autres endroits. Je le répète à mes collègues français : essayons de collaborer et d’ouvrir les yeux chacun chez soi.

Concernant les « returnees », nous devons prendre des mesures de protection plus en fortes à l’égard des citoyens. J’avais demandé que l’on puisse imposer un bracelet électronique à tous ceux qui étaient détectés comme revenant de Syrie. J’espère que, dans les prochaines semaines, on pourra maintenir ce niveau élevé d’exigence de mesures de sécurité. L’équilibre doit être trouvé entre les mesures de sécurité pour protéger la population et nos libertés individuelles. Je ne suis pas pour un « état d’urgence » de manière absolue mais nous avons augmenté nos moyens d’action dans une série de domaines.

Sur place, nous devons poursuivre nos efforts militaires, à travers la coalition internationale, afin de détruire ces groupes particulièrement dangereux et qui provoquent l’horreur un peu partout à travers le monde. Nous devons également aider sur le plan humanitaire les pays directement touchés. Et il s’agit surtout de trouver une solution politique, en Syrie, en Irak, dans tous ces pays en conflit, qui inclue les diverses communautés.

Au niveau interne, après l’hommage que l’on doit tous aux victimes, le débat politique va reprendre ses droits. Je demanderai qu’il reprenne dans la sérénité et que l’on essaie de voir ensemble ce que l’on peut améliorer que nous ne vivions « plus jamais cela ». On n’est jamais certain que cela ne se reproduise pas mais nous pouvons tenter d’améliorer les choses ensemble.

>>> Interview à Bel RTL le 23/3/16


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