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Réanimons Bruxelles: la créativité en politique

Ce mercredi soir, aux côtés de la section MR de Woluwé-Saint-Lambert et de Stephen Boucher, auteur du manuel de la créativité en politique et Directeur de la Fondation EURACTIV, think-thank européen, je suis intervenu sur la possibilité d’oser le politiquement créatif.

Comment arriver à concilier les domaines du créatif et du politique au quotidien dans notre manière de gouverner ? Pour répondre à cette question, l’expert Stephen Boucher est d’abord revenu sur l’importance de stimuler la créativité en politique pour accroître la légitimité de notre démocratie. En effet, selon lui, il manque manifestement de créativité en politique et il règne une insatisfaction concernant l’état de notre débat démocratique. Pour passer d’une politique hiérarchique à une politique plus créative, plusieurs éléments doivent s’imposer. Faire le pari de l’intelligence collective, privilégier un dialogue ouvert avec les citoyens, opter pour une démarche inclusive ou encore  proposer des outils de collaboration comme les délibérations citoyennes permettra de multiplier les perspectives et points de vues; admettre l’erreur en politique permettra de  progresser;  voir la créativité comme un processus global, l’imaginer en amont, dans la définition même du problème est efficace pour obtenir une plus grande créativité.

Cependant, pour ma part, cette créativité extiste bel et bien en politique, sur le plan institutionnel et dans l’organisation même des systèmes démocratiques. En Europe par exemple, il n’y a pas deux systèmes comparables de choix des dirigeants. Il existe un seul système présidentiel et des systèmes par voies parlementaires mais toujours selon des méthodes différentes. La difficulté reste toujours de continuer à organiser une participation citoyenne une fois les gouvernements élus. Au niveau local, la réelle participation de l’opposition ou du citoyen dans des débats concrets laisse souvent à désirer. C’est pourquoi, il faudra davantage être à l’écoute du citoyen dans chaque commune. Pour apporter encore plus de créativité, il est important de se demander quelles sont les meilleures pratiques chez nos voisins. Ils ont, par exemple, réussi à régler la question de la circulation routière. Il est tout à fait envisageable d’importer ces bonnes pratiques dans notre pays.

Le public a relevé un certain nombre d’interrogations au sujet des réseaux sociaux et des médias apparaissant comme des freins à la créativité. En effet, les réseaux sociaux apparaissent comme un outil de communication pour tous les acteurs politiques mais leur  capacité à servir la participation des citoyens n’est pas encore garantie et devra être développée d’une manière plus efficace. Notons toutefois l’exemple de l’Italie où une plateforme citoyenne issue des réseaux sociaux est devenue un mouvement politique siégeant dans le gouvernement : le mouvement cinq étoiles. Enfin, le public s’est interrogé sur les conséquences de l’utilisation de la créativité en politique pouvant présupposer l’abandon de la politique idéologique. Il ne faut pas utiliser l’argument de la participation dès lors qu’un courant minoritaire est en désaccord avec le courant majoritaire. De nombreux populistes ont utilisé la participation citoyenne pour être élus et imposer leur façon de penser.

La créativité est indispensable en politique pour faire passer des messages aux citoyens et surtout pour les inclure dans le processus de décision. Cette créativité existe déjà mais des efforts restent à faire. Enfin, il faudra faire attention aux dérives d’une créativité excessive.