Affaires étrangères

Ouverture des Journées Diplomatiques

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Mon discours prononcé à l’occasion de l’ouverture des Journées Diplomatiques ce lundi 28 janvier 2019:

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

de Belgique ou en Belgique,

Chers invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Puisque le mois de janvier n’est pas encore tout à fait terminé, je souhaite tout d’abord vous présenter mes meilleurs vœux de bonheur, de santé pour vous, vos familles, vos proches en 2019.

 

Les journées diplomatiques sont un moment très particulier dans l’agenda des affaires étrangères.  Elles représentent une occasion unique de nous retrouver et faire le point sur notre politique étrangère, sur l’état du monde et où notre pays se situe.

 

C’est aussi l’occasion de nombreux échanges, afin de recevoir de vous plus en détail des échos sur la situation au sein de nos postes, dans vos pays ou organisations d’accréditation.  Mais aussi de veiller à vous donner de nouvelles impulsions, idées, motivations, projets pour l’année à venir.

 

Et quelle année…!

 

Nous siégeons au conseil de sécurité, nous entamons une année électorale, avec des enjeux à tous les niveaux de pouvoir, notre gouvernement est déjà en affaires courantes… et puis, il y a aussi le Brexit, et bien d’autres défis internationaux qui nous attendent.

 

Face à tous ces défis, je voudrais partager avec vous ma conviction: plus que jamais, nous devons mener une politique étrangère qui soit animée par la défense de nos valeurs. Car les valeurs, faute d’être toujours le moteur des relations internationales, doivent pour nous en demeurer le compas. L’Etat de droit, la démocratie, les droits individuels sont malmenés dans les dictatures mais aussi, plus près de nous, par des populismes, des replis sur soi, de la désinformation.

Nous devons, tous, nous mobiliser pour les défendre et cela vaut dans tous les domaines de notre politique étrangère.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Cela passe avant tout par un travail sur notre propre continent, à travers un renforcement des valeurs et de l’intégration en Europe.

 

C’est cette question de valeurs que nous avons mise en avant en plaidant pour la mise en place d’un mécanisme d’évaluation par les pairs dans le cadre de l’état de droit. Je continuerai à œuvrer pour la mise en place d’instruments pour que l’Europe aborde en son sein la question difficile, mais fondatrice du respect de l’état de droit.

 

Le 26 mai, nous sommes invités à renouveler le Parlement européen.  La composition de ce Parlement sera déterminante pour l’avenir de l’Union et l’ambition que nous voulons lui donner. L’Union est en effet confrontée à de multiples défis et des attentes sans cesse grandissantes mais également à la montée de mouvements anti-européens et à de très vives critiques. Il nous revient à tous d’oser défendre notre vision de l’Europe, en particulier auprès des jeunes.  Depuis plusieurs années, avec l’aide de nombreux collaborateurs du département, nous nous adressons personnellement à de jeunes rhétoriciens à travers notre action “Parlons d’Europe”.  Aux ambassadeurs dans les postes européens: n’hésitez pas à faire de même si vous en avez l’occasion!

 

La Belgique continuera à s’engager pour une Union européenne qui démontre sa valeur ajoutée dans la vie quotidienne de nos citoyens et entreprises, notamment dans l’approfondissement du marché intérieur, dans sa dimension tant économique que sociale. Une Europe qui s’équipe pour rester compétitive, face à la digitalisation. Il faut aussi que l’Europe se renforce face aux défis sécuritaires, avec une attention particulière à la lutte contre le terrorisme, et le renforcement d’une politique de défense européenne.

 

Bien sûr, un des grands défis pour la confiance européenne est le Brexit. En ce moment, nous attendons surtout une position de Londres sur la façon dont le Royaume Uni entend procéder.  Nous espérons encore pouvoir éviter une situation de “no-deal”, mais il va de soi que nous avons maintenant la responsabilité de nous préparer à toute éventualité.  La Belgique, tout comme les Pays-Bas, la France ou l’Irlande, est particulièrement concernée. Comme dans un divorce où les parents ont à cœur de préserver les enfants des dégâts de la séparation, nous veillerons à assurer que les droits des citoyens soient préservés, que ce soient les Belges résidant au Royaume Uni ou les Britanniques chez nous.

 

Enfin, je plaide aussi pour un renforcement de l’intégration sur un plan paneuropéen, que ce soit sur des questions de sécurité à travers l’OSCE, ou de normes, de valeurs et de questions de société avec le Conseil de l’Europe.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Ce sont également les valeurs universelles qui nous guident désormais en tant que membre non-permanent du Conseil de sécurité. Sénèque le disait déjà, avec une mauvaise conscience on peut trouver de la sûreté, mais jamais de sécurité.

 

Je l’ai déjà dit, ce mandat au Conseil de sécurité est un moment fort, qui met notre pays à l’avant-plan de la diplomatie et contribue à renforcer son image internationale. Mais ce moment fort n’est pas à voir comme un effort ponctuel et occasionnel. Au contraire, il se situe dans la continuité de l’engagement constant de notre pays, depuis 70 ans, en faveur du multilatéralisme comme garant d’un ordre international basé sur des règles et des valeurs, protecteur des droits des Etats mais aussi des citoyens individuels. C’est cet engagement que je m’attache à concrétiser dans notre participation au Conseil de sécurité. Nous aurons besoin du soutien de l’ensemble de notre réseau diplomatique pour mener à bien cette entreprise.

 

En tant qu’Etat fondateur de l’Union européenne, la Belgique est en faveur d’un renforcement des convergences entre Etats membres, y compris sur les dossiers de politique étrangère et donc aussi au Conseil de Sécurité. C’est dans cet esprit que j’ai invité aujourd’hui la Haute représentante Federica Mogherini ainsi que mes homologues allemand, polonais, français, et britannique à venir échanger avec vous cet après-midi dans le but d’approfondir cette discussion et cette collaboration.

 

Cependant, si des positions communes ne peuvent être dégagées, nous ne nous interdirons pas d’intervenir selon nos principes et nos intérêts.

 

U weet het zeer goed, we definiëren de agenda van de VNVR niet zelf: die wordt grotendeels bepaald door de evolutie van de vredes- en veiligheidssituatie in de wereld. Maar we willen wel bijdragen tot oplossingen en drie krachtlijnen naar voor schuiven: een betere bescherming van burgers en de meest kwetsbaren (zoals de kinderen in gewapende conflicten), een efficiëntere werking van de Verenigde Naties, zoals de Secretaris Generaal het voorstelt, en meer aan preventie doen.

 

Een mooi voorbeeld van hoe de Veiligheidsraad meer kan doen in het voorkomen van conflicten is op het vlak van klimaat. Vorige week was ik nog in New York om een preventieve aanpak te bepleiten: de Veiligheidsraad moet in staat zijn om informatie over het destabiliserend effect van klimaatverandering op bepaalde regio’s vroeg genoeg op te vangen.

 

Naast een aantal thematische prioriteiten, zoals mediatie waarvoor we ook een reeks opleidingen hebben georganiseerd en waar ik graag verdere initiatieven wil nemen, zal België  zijn expertise zoveel mogelijk ter beschikking stellen van de Raad in de verschillende regio’s:

 

In Centraal-Afrika: Het jaar is inderdaad begonnen met lange besprekingen over het verkiezingsproces in DRC en de gevolgen ervan.  De verkiezingen hebben plaatsgevonden, met twee jaar vertraging. We weten dat waarnemers, maar ook de regio ernstige vragen hebben gesteld bij het verloop van het proces dat allesbehalve transparant was. Hoe dan ook heeft de bevolking een duidelijk signaal gestuurd dat de situatie moet veranderen. Er is hiervoor een opportuniteit met een president die uit de oppositie komt. Nu hij de eed heeft afgelegd zal de nieuwe president moeten aantonen dat hij met oplossingen komt om het vertrouwen van de bevolking te herstellen: rond armoede en onveiligheid, maar ook op het vlak van mensenrechten. We wachten ook op signalen naar de internationale gemeenschap.  België zal aandachtig kijken naar de signalen die worden uitgestuurd en is alvast bereid tot dialoog.  We blijven verder onze solidariteit tegenover de bevolking bevestigen, samen met de regio, de Afrikaanse Unie en onze Europese partners.

 

In Burundi zijn we zeer bezorgd over het gebrek aan vooruitgang, de tendens van het land om zich af te sluiten en de steeds grotere beperking van de vrijheden.  In de  aanloop naar de presidentsverkiezingen van 2020 hoop ik dat de regio (de EAC) die deze week bijeenkomt, haar verantwoordelijkheid zal nemen en preventief optreedt om geweld te vermijden. Dit kan door de dialoog nieuw leven in te blazen. Er moeten dringend concrete stappen komen om rechten en vrijheden te herstellen en iedereen een plaats te geven in de samenleving

 

La Belgique se mobilise aussi afin de défendre le respect du droit humanitaire, en particulier dans les conflits. Au sein du Conseil de Sécurité, nous sommes d’ailleurs “co-penholder” dans ce domaine pour la Syrie.  Mais c’est bien entendu aussi important pour le conflit qui déchire actuellement le Yemen: l’accès humanitaire est la priorité absolue en raison du degré particulièrement catastrophique de souffrance des populations civiles. Au-delà, il faut aussi bien entendu appuyer les efforts politiques, pour mettre fin au conflit.  Et il faudra assurer un soutien important au développement de ces régions afin d’éviter qu’elles ne retombent rapidement dans les tensions et le conflit.

 

Nous resterons attentifs à suivre de près les discussions dans le conflit israélo-palestinien. Il faut trouver un moyen de sortir de l’impasse actuelle, et relancer un processus politique, en retrouvant une vision à long terme de l’avenir des relations entre ces voisins. L’accès des services de base, en particulier dans la région de Gaza est essentielle.

 

Notre engagement pour un multilatéralisme efficace se traduit aussi dans notre soutien aux accords internationaux tel que le JCPOA avec l’Iran. La Belgique reste favorable à la pleine mise en œuvre de cet accord qui est un élément essentiel des efforts de la communauté internationale pour lutter contre la prolifération des armes nucléaires.

 

Je pourrais encore évoquer nombre de situations qui sont sur la table du Conseil de sécurité, mais cela serait bien trop long.  Sachez surtout que nous comptons sur vous, nos ambassadeurs, pour anticiper les discussions qui seront à l’agenda à New York, afin d’alimenter notre réflexion avec les réalités, les analyses et les positions que vous pourrez recueillir dans vos postes.

 

 

Mesdames,

Messieurs,

 

Si je souhaite que nous défendions nos valeurs dans notre politique étrangère, cela vaut également par notre action sur le plan économique et commercial.

 

Dans nos missions économiques par exemple, menées par SAR la Princesse Astrid, qui nous fait également l’honneur de nous accompagner ce midi selon la tradition, nous avons ajouté ces dernières années un volet relatif à la défense des droits de l’homme dans les affaires.  C’est ainsi que nous avons mené des actions très constructives en Côte d’Ivoire sur le travail des enfants, au Maroc sur l’égalité des genres et nous poursuivrons encore ce type d’initiative à l’avenir.

 

Mais plus globalement, que ce soit dans les accords commerciaux, dans la politique que nous développons au niveau national, européen et multilatéral, nous défendons un commerce durable et un développement inclusif. Les tendances protectionnistes croissantes renforcent le besoin pour notre pays de mener une diplomatie économique assertive dans un cadre multilatéral fort, mais aussi durable. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de l’évoquer avec vous hier soir.

 

En parallèle, la défense de nos intérêts et de nos entreprises passe aussi par notre diplomatie publique.  Je me réjouis de voir de plus en plus de dynamisme au sein de nos postes pour faire valoir notre image, notre savoir-faire, nos atouts.  C’est essentiel pour le rayonnement de notre pays. Les symboles ne sont pas à négliger, que ce soient nos diables, Tintin ou même les Schtroumpfs autour desquels je vous présenterai une belle initiative tout à l’heure. Tout cela permet de présenter la Belgique sous un jour positif et ouvert. Je tiens par ailleurs à soutenir le travail de fond qui est fait par nombre d’entre vous sur le plan de la diplomatie économique.

 

Ce soutien à nos intérêts est également au cœur de l’action consulaire que vos postes mènent et qui sont d’une très grande importance pour l’image de notre département. En mai, vous organiserez d’ailleurs les élections pour les Belges à l’étranger. Pour la première fois, nos compatriotes résidant en dehors de l’Union européenne pourront également participer au scrutin européen, ce qui est un acquis démocratique.

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

C’est donc la première fois que je m’adresse également à vous en tant que Ministre de la Défense.

 

Les engagements opérationnels de la Belgique et le professionnalisme de nos militaires sont fortement appréciés. J’ai pu le constater lorsque je me suis rendu à Bamako et Koulikoro : même avec des moyens limités, nous faisons la différence. Car nous le savons, faire entendre notre voix politique exige aussi d’être en mesure de prouver notre crédibilité et d’y mettre les moyens. La Belgique a déjà réussi à inverser la tendance négative en arrêtant le déclin des dépenses de défense et en concrétisant un nombre d’investissements capacitaires majeurs. Il faudra bâtir sur cet acquis et le développer si nous souhaitons continuer à contribuer à la stabilité internationale et à la sécurité de nos citoyens.

 

Plus que jamais, l’approche globale qui vise l’intégration de nos moyens d’action est nécessaire.  Je vous invite également à renforcer également les synergies en poste. C’est d’ailleurs également le cas avec notre action sur le plan européen et multilatéral.

 

C’est en tant que ministre des affaires étrangères et de la défense que je me rendrai début mars au Sahel, pour voir nos militaires actifs au sein de la MINUSMA, nos nouvelles ambassades et l’action de la coopération au développement, qui vous sera exposée par mon collègue Alexander De Croo.

 

Il me reste à vous souhaiter des débats et travaux très enrichissants tout au long de cette semaine.  Nous aurons encore l’occasion d’échanger à diverses reprises, notamment cet après-midi sur le Conseil de sécurité, puis à huis-clos entre nous en fin de journée.

 

Je suis donc particulièrement ravi de déclarer ces journées diplomatiques 2019 ouvertes!