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Conférence “State of Europe”

Ce jeudi 11 octobre s’est tenue au Palais d’Egmont la conférence annuelle sur l’Etat de l’Europe organisée par Friends of Europe. En clôture des débats, les tables rondes qui ont discuté de l’avenir de l’Europe ont pu me présenter leurs principales propositions.

Sur le plan économique, le digital et l’innovation étaient sur toutes les lèvres. Tout le monde semble penser que davantage de fonds européens devraient être accordés à la recherche et au développement, mais des choix vont s’imposer: il s’agit soit de réduire les dépenses dans d’autres domaines, soit d’accorder plus de moyens à l’UE. Aujourd’hui encore, l’UE est à la traîne dans le domaine des nouvelles technologies.

Le changement climatique était un autre point central. A ce niveau, l’UE peut véritablement assumer un rôle de leader au niveau mondial. Il importe d’aborder cette problématique dans toutes les politiques. C’est pourquoi nous insistons sur l’importance d’inclure des références à la protection de l’environnement dans toutes les négociations commerciales menées par l’UE.

Le projet européen n’a de sens que s’il est porté par des valeurs. Depuis 2016, je plaide en faveur d’une discussion annuelle sur l’état de droit au niveau européen, avec les 28 Etats membres autour de la table. Pour promouvoir l’UE auprès des générations futures, il faut rappeler les valeurs sur lesquelles elle est fondée. Un tel processus de discussion sur l’état de droit devrait  impliquer l’ensemble des acteurs de la société civile. Avant de donner des leçons au reste de monde, l’UE doit d’abord s’assurer qu’elle effectue le travail nécessaire en interne.

Enfin, la sécurité était également au centre des débats. L’UE devrait assumer un rôle plus important en matière de défense. Les Etats pourraient notamment échanger davantage les informations dont ils disposent dans la lutte contre le terrorisme.

Cependant, j’ai tenu à souligner que l’idée de sécurité allait au-delà de la défense et de la lutte contre le terrorisme. Il s’agit aussi de protéger les droits sociaux des citoyens. Une réelle politique sociale européenne semble souhaitable, mais il s’agira alors de donner à l’UE les moyens de mener une telle politique.

Par ailleurs, pour renforcer le sentiment de sécurité, il s’agit d’aborder efficacement la problématique des migrations. Ceci ne peut se faire qu’en coopérant avec les Etats africains. Une telle politique supposera la participation de tous les acteurs de la société civile.

En conclusion, j’ai mis en avant que l’avenir de l’UE sera sans doute une coopération plus poussée avec des groupes d’Etats membres, même si la solution idéale demeure bien sûr l’unité des 28. A l’avenir, certaines choses pourront se faire à 28, d’autres probablement avec certains Etats membres seulement, pour éviter que l’unanimité ne bloque encore l’Europe pendant des années.