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Verviers : Le Congrès où « tout devient possible » !

Didier Reynders

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2006 et 2007 ont  été deux années de succès électoraux retentissants pour le Mouvement Réformateur. En 2007, littéralement porté par les électeurs, le MR s’est d’ailleurs hissé au rang de première formation politique de Belgique francophone. Dans une semaine, le dimanche 7 juin 2009, ce seront les élections régionales et européennes. Le tiercé gagnant?
A l’heure où les citoyens marquent de plus en plus leur volonté de rompre avec des majorités qui les ont déçus, avec certains dirigeants qui les ont trahis, le MR, seule force d’opposition, répond qu’il est «prêt à incarner cet indispensable changement» et à construire avec eux, en véritables «partenaires», un nouvel avenir dans nos Régions.
C’était le message fort du 3ème et dernier Congrès de campagne du MR, réuni ce samedi par Didier Reynders au Grand-Théâtre de Verviers et où mandataires, candidats, sympathisants et parfois de simples curieux venus se faire sans doute une dernière opinion, avaient rempli toutes les places disponibles.
Rappelant le bilan «catastrophique» des majorités sortantes, avec la malgouvernance, les aberrations des décrets Inscriptions, le Président du Mouvement Réformateur a aussi mis en exergue l’« échec social » de la coalition PS-cdH-Ecolo en Région bruxelloise, où le taux de chômage des jeunes atteint plus de 35%, où moins de 200 logements sociaux ont été mis sur le marché par rapport à la promesse des 5000 nouveaux logements, où les problèmes de mobilité s’aggravent…
« Au pouvoir depuis cinq ans à Bruxelles avec le PS et le cdH, Ecolo est coresponsable de tout ce qui a été fait et n’a pas été fait en ces matières à Bruxelles », a-t-il indiqué.

Didier Reynders

« Les citoyens ont compris la nécessité du changement », a déclaré Didier Reynders, avant d’insister sur plusieurs points forts du programme Réformateur. « Je voudrais qu’on puisse rêver d’une autre Région wallonne, d’une autre Région bruxelloise, d’une autre Communauté française, où tout devient possible. »

« Nous voulons tisser un nouveau lien social avec l’ensemble des partenaires de nos Régions et Communauté. Nous voulons faire confiance aux écoles et faire en sorte que chaque parent puisse choisir un projet éducatif qui correspond à son enfant. Nous voulons travailler avec les professionnels des secteurs en matière d’infrastructures, pour les routes, les bâtiments scolaires, etc. Nous voulons une administration au service du citoyen et qui progresse – non qui régresse, comme le prétendent certains – en orientant les moyens vers les besoins dans les domaines de l’enseignement, de la santé ou de la sécurité. Nous voulons tisser des liens avec le monde des associations. »
« Nous voulons aussi valoriser le travail. Au lieu de le faire attendre des mois, il faut qu’un jeune qui sort de l’école soit tout de suite accompagné dans l’optique de trouver un travail. Il faut également rehausser le salaire-poche lié au mérite. Je ne comprends pas pourquoi, après la baisse d’impôt sur le travail intervenue au Fédéral, seule la Région flamande a suivi et non les deux autres, de sorte que des travailleurs exerçant un emploi similaire ont aujourd’hui un pouvoir d’achat inférieur à des collègues flamands parce qu’ils habitent en Wallonie ou à Bruxelles…»
Sur le climat actuel, Didier Reynders a ensuite constaté que le PS s’était «mis lui-même hors jeu!»
« Des militants PS que l’on rencontre dans les rues se demandent ce qu’est devenu leur parti, ses valeurs de solidarité… Ils sont écoeurés, dégoûtés, ils souhaitent leur parti dans l’opposition, ils ont raison!, » a-t-il affirmé.
Evoquant ses derniers débats avec les trois autres Présidents des partis démocratiques francophones, le Président du MR n’a pas hésité à parler de «l’agressivité hallucinée» d’Elio Di Rupo.
«Je me suis senti face à quelqu’un qui est en perdition,» a dit Didier Reynders.
Le Président du MR s’est aussi adressé à l’électorat cdH: «Combien de temps allez-vous encore continuer à suivre aveuglément une dame qui ne sait pas dire non aux socialistes,» a demandé Didier Reynders.
Qui a également indiqué son ouverture à un parti Ecolo qui aurait marqué des avancées en faveur du goût d’entreprendre. «Le développement durable ne suffira pas. Il n’y aura pas de paradis écologique sur un désert économique», a-t-il rappelé.

Pierre-Yves Jeholet

Pierre-Yves Jeholet, Porte-parole du MR et tête de liste à Verviers, a dit son «écoeurement» de l’attitude des socialistes, tout en pointant aussi leurs alliés cdH et Ecolo. «Ne faudrait-il pas leur passer un alcootest politique pour savoir s’ils ont encore le droit de conduire cette Région,» a dit Pierre-Yves Jeholet, paraphrasant Coluche.
Véronique Cornet, tête de liste à Charleroi, a fait le récit de la situation pathétique, misérable d’un jeune couple condamné à vivre dans un logement social à la limite de l’insalubrité et pour lequel les majorités sortantes n’ont rien fait.
« Le 7 juin, le système va changer, le système doit changer,» a-t-elle ajouté avant d’appeler les socialistes, ceux dont le slogan est «se servir au lieu de servir, » à présenter leurs «excuses» aux Wallonnes et aux Wallons.
« Il n’y a plus rien à espérer de ces gens-là qui passent leur temps à être plutôt qu’a faire, moi je ne suis pas de gauche, mais moi, je vis avec les gens, » a dit Véronique Cornet.
Ecolo a aussi fait l’objet des critiques du MR pour son programme irréaliste, voire parfois surréaliste, notamment par les voix de Louis Michel et Armand De Decker.

Louis Michel

« J’ai lu le ‘Green deal’ (le programme Ecolo). Vous savez, je suis un romantique alors j’ai relevé qu’on allait créer de l’emploi en fabriquant du fromage dans nos villages. Je ne suis toutefois pas sûr de l’efficacité de la méthode face à la compétitivité internationale, » a déclaré Louis Michel, le Commissaire européen à la Coopération et à l’Aide humanitaire.
« Je vous demande toutefois de ne pas brutaliser les amis verts, mais de leur poser les bonnes questions et notamment leur demander pourquoi ils s’obstinent à ne pas vouloir reparler de la sortie du nucléaire. Si nous persistons sur ce point, on ne pourra pas répondre à la demande croissante et on finira par acheter de l’électricité produite par le même nucléaire à nos voisins français, » a ajouté Louis Michel, très en verve.

Armand De Decker

Armand De Decker, Président du Sénat et tête de liste à Bruxelles, a rappelé qu’il avait demandé aux Verts lors du congrès MR de Bruxelles de se prononcer clairement sur la coalition future.
« Officiellement, ils disent qu’ils attendent le résultat des élections mais en privé ils répètent leur préférence pour l’Olivier (PS-cdH-Ecolo), » a dit Armand De Decker.

Fin de Congrès

Le 7 juin, le citoyen pourra se prononcer clairement pour réinventer l’avenir. «Les citoyens s’expriment aujourd’hui de plus en plus en faveur d’un changement en Wallonie et à Bruxelles. La vraie force de changement, celle qui a déclaré son ambition de suivre cette volonté et d’incarner l’alternative, c’est le MR. Le vote utile, le 7 juin, c’est le MR. Le 7, votez 8 !», a conclu Didier Reynders, avant les applaudissements d’une foule dont la ferveur a donné le ton d’une fin de campagne marquée par l’enthousiasme !