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Sommet européen : aujourd’hui la soutenabilité de la dette grecque, demain une plus grande intégration budgétaire

Un sommet n’a de sens que si des solutions sont déposées.
Ce jeudi, l’enjeu à court terme est, en rassemblant sur la confiance, de rassurer sur la soutenabilité de la dette grecque. La solution sera multiple. Elle reposera sur une participation des différents acteurs, en ce compris le secteur privé – banques, assurances, fonds de pensions – et probablement sous des mécanismes un peu complexes, nécessaires pour pouvoir progresser. Deuxième aspect : il faut éviter de demander à la Grèce de prendre des mesures telles qu’elle ruine elle-même ses chances de s’en sortir, en d’autres termes il ne faut pas « demander au patient de mourir guéri ». Concrètement, il faut faire en sorte que les mesures qui seront prises soient suffisamment étalées dans le temps, suffisamment progressives pour qu’elles soient supportables politiquement, socialement, et économiquement. Enfin, je peux comprendre que les populations se posent la question d’un soutien à un pays éloigné mais, si ce n’est pas par solidarité, que les Européens le fassent au moins par « égoïsme ». En effet, si l’on doit aujourd’hui aider la Grèce, ce n’est pas seulement pour aider la population grecque, qui en a vraiment besoin, pas seulement pour aider un Gouvernement, qui tente de prendre des décisions, mais aussi pour aider l’ensemble des pays de la zone euro, qui vivent très bien grâce à l’euro, qui travaillent et exportent grâce à l’euro.
Aujourd’hui, il faut apporter une solution à la crise de la dette grecque. A plus long terme, nous devrons tirer les leçons de cette crise. La solution, pour la zone euro, c’est une intégration budgétaire plus importante : à travers un vrai budget, une vraie gouvernance – Jean-Claude Trichet (Président de la Banque centrale européenne) parlait récemment d’un Ministre des Finances pour la zone euro, sinon pour l’Union européenne – et à travers une vraie trésorerie européenne, donc des euro-obligations (émission commune d’emprunts pour mutualiser les risques et protéger les plus faibles face aux attaques des spéculateurs). Ce débat d’une plus grande intégration rouvre celui des transferts de souveraineté. Cela demande du temps mais les crises permettent aussi d’avancer, à l’instar de ce qui s’est produit pour les Etats-Unis d’Amérique, qui ont progressé vers plus de moyens fédéraux crise après crise.
Cet article est tiré :
d’une interview dans Face à l’Info, sur La Première, diffusée ce 18/7/11.
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