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Réorganiser pour investir : conférence sur l'immobilier international de la Belgique

Par 30 septembre 2016 Pas de commentaire

Ce jeudi 29 septembre, j’ai pris la parole sur “L’immobilier international de la Belgique” dans le cadre de la leçon inaugurale du master en Real Estate de la Solvay Brussels School.

En tant que Ministre des Finances pendant 12 ans et Ministre de la Régie des Bâtiments, j’ai eu l’occasion de travailler dans la durée sur l’évolution d’un certain nombre de biens publics. Au SPF Finances, nous avons revu l’implantation de nombreux endroits : à Bruxelles avec le “North Galaxy” mais également dans d’autres villes comme Louvain, Liège, Charleroi… Cette réorganisation allait de pair avec la réorganisation du Département lui-même, du point de vue du nombre de fonctionnaires, des activités menées, de la manière de travailler. Celle-ci a par exemple été impactée par une innovation comme tax-on-web. Les implantations étaient également vétustes. Avec la Régie, il s’est aussi agi de gérer la prestation de services immobiliers à d’autres entités publiques. Il faut œuvrer au patrimoine public dans la durée et avec un minimum de goût, d’envie.

Arrivé aux Affaires étrangères, j’ai découvert un patrimoine immobilier d’exception, un héritage du passé très précieux mais aussi des situations patrimoniales parfois pires qu’aux Finances. La démarche a donc consisté à réorganiser le Département et à revoir le parc immobilier en conséquence. A Bruxelles, les regroupements continuent et la rénovation s’opère en collaboration avec la Régie des Bâtiments. Pour tout ce qui concerne nos postes à l’étranger, nous travaillons nous-mêmes en régie.

La première question concerne les pays où nous devons avoir une présence diplomatique. La deuxième concerne les pays où des enjeux existent en matière de diplomatie économique. La troisième a trait aux enjeux géopolitiques d’un pays, d’une région. Les réponses à ces questions donnent une première idée des endroits où la Belgique doit, aujourd’hui, être représentée.

Fallait-il une représentation dans tous les nouveaux pays adhérant à l’Union au moment de l’élargissement? Nous avons donc regardé si nous pouvions dans certains cas travailler au départ d’un poste pour toute une région.  Ce fut le cas à Malte, où nous avons fermé un poste et recentré sur Rome. Ce qui nous a permis d’ouvrir un nouveau consulat général en Inde, à Chennai.

Bruxelles est la ville qui accueille le plus de diplomates au monde, abritant des ambassades bilatérales, des ambassades auprès de l’Union européenne et des ambassades auprès de l’OTAN. Mais nous avons, nous aussi, parfois plusieurs ambassades dans certains pays. Aux Etats-Unis, nous disposons d’une ambassade bilatérale et d’une représentation aux Nations-Unis, à Rome, nous sommes présents bilatéralement mais également au Saint-Siège, à Paris nous avons une représentation bilatérale mais aussi à l’OCDE et à l’UNESCO…

Nous nous sommes donc interrogés, au-delà d’un regroupement pour une région, sur un regroupement de nos chancelleries ou de nos résidences dans un même pays. A Vienne, nous avons regroupé en un même lieu la résidence, la chancellerie et la représentation à l’Agence internationale atomique.

Nous avons par ailleurs réfléchi à des implantations communes  avec des partenaires. Notre nouvelle ambassade à Kinshasa sera par exemple une ambassade commune à la Belgique et aux Pays-Bas. Dans ma philosophie, le raisonnement pour les Régions et Communautés devrait être assez simple : si elles s’implantent à l’étranger, elles devraient s’installer à l’ambassade belge lorsqu’il s’agit de la capitale du pays, afin que nous travaillions ensemble, et, pour d’autres lieux dans le même pays, il serait intéressant que les Régions et Communautés ouvrent des postes spécifiques là où nous ne sommes pas, de sorte également à pouvoir établir des collaborations.

Pour nos nouvelles implantations, nous tenons compte des fonctionnalités, des possibilités de logements afin de limiter les frais d’hôtel, et de critères durables. L’ambassade de Kinshasa sera le premier bâtiment passif d’Afrique centrale.

Les moyens que nous dégageons aux Affaires étrangères sont issus des ventes de bâtiments. Nous possédons 120 postes et 318 bâtiments, dont 170 en propriété. En 2012, nous avions des recettes d’un peu moins de 350.000 euros. A ce jour, nous en sommes à 16,5 millions pour 2015.  Nous louons, par exemple, le palais d’Egmont à raison de 500 manifestations par an. En fermant 18 postes, nous avons pu vendre certains lieux. La vente de la résidence belge à Tokyo a rapporté quelque 450 millions à notre pays.