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Normalement pas d’inquiétude en termes de recapitalisation des banques belges par rapport à la Grèce

Deux décisions fondamentales ressortent du sommet européen de ce mercredi consacré à la crise de la dette dans la zone euro.
D’une part, l’on veille à « circonscrire et éteindre l’incendie grec », avec la participation du secteur public, à travers la tranche complémentaire du premier plan d’aide puis le nouveau plan de soutien, mais également une intervention du secteur privé, des banques, de tous ceux qui ont prêté de l’argent à la Grèce et qui vont abandonner 50% de leurs créances. Il va falloir achever la négociation à ce sujet mais cette solution est aussi dans l’intérêt du secteur financier lui-même : l’alternative se joue entre l’abandon d’une partie des créances – comme cela peut se faire vis-à-vis d’entreprises – ou le risque de tout perdre.
D’autre part, l’on met en place un « pare-feu » afin d’éviter la propagation de l’incendie à d’autres pays. Il s’agit d’abord de demander à plusieurs Etats de mettre de l’ordre de leurs propres finances publiques, notamment l’Italie et l’Espagne. Ensuite, de prendre des mesures pour éviter que des institutions financières ne partent à nouveau à la dérive : on va les recapitaliser et mobiliser des moyens dans ce cadre. On va même aller mobiliser des moyens au Fonds monétaire international ainsi que dans des pays émergents, comme la Chine.
Cette évolution est d’ailleurs à la mesure de celle du monde. Il y a des pays fortement endettés : les Etats-Unis, le Japon, la zone euro. Puis il y a des Etats qui ont accumulé des réserves, pétrolières pour certains, liées à leurs relations commerciales notamment avec les Etats-Unis et l’Europe pour d’autres. Il ne faut plus croire que la zone euro ou les Etats-Unis seront dorénavant seuls dans un monde qui change. Demander de mobiliser les moyens de certains pays où existent des réserves afin de venir en aide à ceux qui sont plutôt en déficit, c’est une bonne chose, à condition évidemment que ces derniers réalisent également des efforts.
Les premières institutions financières touchées par l’abandon de créances sont logiquement les banques grecques, fortement exposées à la dette de leur propre pays.
Normalement, il n’y a pas d’inquiétude en termes de recapitalisation des banques belges par rapport à la Grèce. L’Autorité bancaire européenne nous indique qu’elles ne sont même pas concernées. Ce qui sera peut-être nécessaire, c’est de leur demander malgré tout de faire des efforts, qui consisteraient à ne pas distribuer de dividendes mais à incorporer les résultats dans leur capital.
Remarquons que, pendant toute la période des « stress tests » imposés aux banques, les établissements belges ont déjà été recapitalisés. En outre, la solution apportée récemment pour Dexia constitue aussi une intervention très forte.  Cela signifie que le contribuable belge ne devrait pas être impacté par la résolution de la crise grecque. Mais il faut pour cela que tout ce qui a été mis en place tienne afin d’éviter les risques de contagion.
Notons par ailleurs qu’à aucun moment, la situation individuelle de la Belgique n’a été évoquée dans les débats européens.
La leçon que nous tirons pour le moyen et le long termes réside dans la réforme du « service de secours », si l’on poursuit l’image : dans un monde en évolution et où la zone euro devient une « région » parmi d’autres, l’on ne peut plus, afin d’appréhender au mieux la survenue de ce type de crise, continuer à fonctionner sur la base de 17 politiques budgétaires différentes.
Il faut résolument sortir de cette crise avec plus d’intégration budgétaire européenne.
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Ecouter aussi:
l’interview du 27/10/11 sur La Première ainsi que Questions publiques
l’interview du 27/10/11 sur Europe 1 : l’invité de Jean-Pierre Elkabbach
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