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On ne changera rien en profondeur sans mettre le Parti socialiste dans l'opposition, déclare Didier Reynders

Le Président du Mouvement Réformateur l’a encore rappelé jeudi dans une interview publiée dans La Libre Belgique:

Didier Reynders

« Il est impossible de réformer la Wallonie et Bruxelles avec le PS. Il y a un système socialiste qui a dérapé. On a eu Agusta, Dassault, l’Inusop, la Carolo, Namur, Donfut. On ne compte plus le nombre de ministres socialistes qui ont dû démissionner pour des raisons de mauvaise gouvernance. C’est un système intolérable auquel il faut mettre fin. Je ne pense pas qu’on pourra changer la Wallonie en profondeur avec le Parti socialiste tel qu’il est là. »
«Quoi qu’il arrive, on ne changera rien en profondeur sans mettre le Parti socialiste dans l’opposition. Je vois que les esprits évoluent. »
« Le mot ‘infréquentable’ va être le mot de l’été,» a ajouté Didier Reynders.
Un mot prononcé pour la première fois par Didier Reynders au Congrès du MR à Mons et qui visait certains dirigeants du PS aux comportements et injures inacceptables.
A onze jours du scrutin, le Président du MR a confié à La Libre Belgique qu’il avait répété ce qu’il avait dit à une Ministre PS qui avait menacé de quitter le Gouvernement fédéral.
« J’ai juste confirmé ce que j’avais dit. Que nous considérons qu’au-delà des affaires qui ont déjà suffisamment abîmé l’image de la Wallonie, il y a eu un certain nombre de prises de position de la part de responsables socialistes qui tentent de jouer sur l’amalgame et jeter l’opprobre sur l’ensemble des partis. Cela rend un certain nombre de socialistes infréquentables. Il n’y a eu ni précision ni clarification de notre part. On a répété exactement la même chose. Et ça c’est même aggravé depuis, puisque je vois qu’aujourd’hui le PS utilise la même technique à l’égard du cdH. Il faut en revenir au fond du débat, » a expliqué Didier Reynders.
En plus des ‘affaires’, de la mal gouvernance qui a miné l’action publique, les Réformateurs insistent sur les nécessaires nouvelles impulsions dans d’autres domaines, comme le développement économique ou l’enseignement.
Le Plan Marshall est avant tout « du dirigisme pur avec une terminologie du passé, alors qu’il faudrait plutôt un contrat d’avenir», indique le Président du MR. Je suis convaincu qu’on peut créer de vrais partenariats avec les acteurs de nos régions – dans l’enseignement, le logement, la mobilité. Nous sommes aussi un rempart contre le risque d’une taxation débridée.»
La Wallonie n’a pas progressé, contrairement aux affirmations de l’équipe PS-cdH au pouvoir:
« C’est la Belgique qui a progressé… parce qu’on a élargi l’Europe. Mais si vous prenez les pays industrialisés, la Belgique a reculé. Et elle recule aussi par rapport à la Flandre. Ensuite, lisez les brochures de l’Awex, la première chose que l’on vend, ce sont les intérêts notionnels. Certains responsables socialistes les utilisent d’ailleurs également à titre personnel. Je ne noircis pas le tableau. Mais ou bien on regarde uniquement l’arrière des bus et on se dit que la Wallonie avance – enfin pas ces jours-ci, puisqu’ils sont de nouveau à l’arrêt. Ou bien on se retrousse les manches. On n’a toujours pas de service minimum en Région wallonne. Et ce n’est pas parce que l’on écrit sur l’arrière d’un bus que la Wallonie va bien, qu’elle va bien, » a affirmé Didier Reynders.
Quant à l’enseignement, c’est un véritable désastre.
« Comment des Présidents de parti, des Ministres ont-il pu porter jusqu’au bout un décret inscriptions par exemple et s’en prendre au cœur de ce qui fait notre richesse : la formation de notre jeunesse?, » a interpellé Président du MR.
Et d’accuser PS et cdH d’avoir «cassé le lien social, par idéologie».
« Que des socialistes fassent cela, je trouve déjà ça affolant. Et le Ministre-Président n’a pas bougé. Mais je comprends encore moins le cdH, puisqu’on s’en est pris aussi à l’enseignement libre et catholique. Nous voulons remettre l’excellence et le goût de l’effort au cœur de nos projets,» a expliqué Didier Reynders.
« J’ai des enfants qui sont dans l’enseignement secondaire. Venez voir, par exemple à Liège : plus mixte que cela tu meurs ! Donc, pourquoi s’en prendre à 90 % des écoles pour lesquelles il n’y a pas de problème ? Il faut surtout amener la qualité dans les établissements où elle ne se retrouve pas, où le projet éducatif est à la traîne, dans le technique et professionnel, en collaborant beaucoup plus avec les entreprises,» a-t-il ajouté.
Enfin, après avoir passé en revue plusieurs autres aspects du débat politique, économique, social et environnemental, Didier Reynders a indiqué que les élections régionales et européennes du 7 juin prochain auront un impact sur la vie du gouvernement fédéral.
« Bien entendu. Cela dépendra plus des formations politiques en difficultés que du reste,» a constaté Didier Reynders qui n’exclut pas un changement de partenaire au fédéral:
« Cela peut être le cas. Personne ne peut dire aujourd’hui quel sera le gouvernement après le 7 juin. Moi j’ai dit, il y a deux ans, quel était le gouvernement normal après les élections de 2007 : orange-bleue. On n’y est pas, pour des raisons diverses. Mais bon, les choses évoluent : des trois cartels que j’ai connus, deux ont explosé : CD&V-N-VA et SPA-Spirit. Et dans le troisième, PS-CDH, on commence à voir quelques fissures. Plus que des fissures… Et de plus en plus de partis commencent à dire qu’il ne serait pas mal qu’il y ait les mêmes majorités partout.»