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Nous devons veiller à ce que le citoyen soit au centre de toutes les attentions

Crise de la dette au plan global, crise politique au plan belge… Nous sommes à un moment crucial : il faut aujourd’hui à la fois renforcer l’Europe dans un monde qui change très fortement et subit une crise financière depuis plusieurs années, et préserver le pouvoir d’achat des citoyens, la relance de l’activité et la maîtrise de notre budget.
A côté d’autres puissances, comme désormais la Chine, la Russie, le Brésil, bientôt l’Inde, l’Europe ne peut plus continuer à fonctionner sur la base de pays qui, chacun, mènent leur politique budgétaire. Il faut plus d’intégration afin d’avoir : une monnaie unique, une Banque centrale unique mais aussi une seule trésorerie et un seul ministère des Finances.
De leur côté, les pays doivent affronter leurs endettements, mettre de l’ordre dans leurs comptes en réduisant les déficits et en effectuant des réformes structurelles, pour la plupart dans le domaine du marché du travail et des retraites.
Le court terme consiste, pour la Grèce, à lui accorder la tranche complémentaire d’aide du premier plan vu les efforts consentis en termes d’austérité. Puis, il faut avancer vers un second plan d’aide, qui prévoit que les acteurs financiers qui ont prêté de l’argent à la Grèce abandonnent environ la moitié de leurs créances. Cette démarche demande parallèlement un renforcement de ce secteur financier : concrètement, on va compter dans les bilans des banques les obligations d’Etat à leur réelle valeur et cette réorganisation des valeurs va engendrer un besoin de capitaux pour certaines banques. Les premiers qui devront remettre de l’argent sont les actionnaires, ce qui signifie que les résultats des banques devront d’abord rester dans les banques plutôt qu’être distribués en dividendes. Si, dans le cas où des pays doivent intervenir, certains n’y arrivent pas – on pense à l’Italie ou l’Espagne par exemple – la question est de savoir si l’on peut répondre à ce besoin de capitaux entre Européens, à travers un fonds commun (la Facilité européenne de Stabilité financière) et selon quelle formule.
Chez nous, il s’agit aussi de respecter nos engagements budgétaires, avec un déficit ramené à 2,8% du PIB en 2012 et un retour à l’équilibre en 2015. Vu l’évolution de la situation budgétaire, toutes les entités du royaume doivent y contribuer à une juste mesure.
Cet objectif doit être atteint en préservant le pouvoir d’achat des citoyens, l’emploi, pour favoriser la reprise. Ainsi, il faut d’abord diminuer les dépenses de l’Etat avant d’aller vers de nouvelles recettes, qui ne doivent pas alourdir les charges pesant sur la classe moyenne. Il faut également permettre de mieux rémunérer le travail en creusant l’écart entre revenus du travail et revenus de remplacement.
Après 500 jours de crise, dont la plupart consacrés à débattre préalablement de l’institutionnel, l’heure est à présent aux priorités socio-économiques des Belges : nous devons veiller à ce que le citoyen soit au centre de toutes les attentions.
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Ecouter l’interview du 26/10/11 sur Bel RTL
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