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Madagascar : la jeunesse de la Francophonie en débat

Au Sommet de la Francophonie à Madagascar, j’ai pris la parole, ce 24 novembre, dans le débat sur les  “stratégies jeunesse et économique”.

Voici mon intervention.

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La Francophonie des solutions, comme vous aimez à le dire Madame la Secrétaire générale, c’est aussi bien sûr la francophonie économique. J’ai déjà eu l’occasion de le dire, notamment lors de la cérémonie économique à Bruxelles le 29 juin dernier : la Francophonie, dans les rapprochements qu’elle suscite, peut contribuer à lever des obstacles entre économies francophones, à accroître la facilité avec laquelle nos entreprises s’associent et échangent entre elles, à améliorer l’environnement des affaires. La francophonie peut nous permettre de développer de nouveaux types de partenariats économiques basés sur l’égalité et le respect mutuel.

C’est tout le sens, Madame la Ministre, que Madagascar a voulu donner au Sommet de la Francophonie à travers le thème “Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone”.

J’en suis convaincu, le renforcement de l’espace économique francophone sera au bénéfice de tous, et d’abord des petites et moyennes entreprises qui sont l’épine dorsale de nos économies.

Et, c’est bien sûr une évidence, c’est ici en Afrique, dans des pays comme Madagascar, que les projets de francophonie économique peuvent déployer tout leur potentiel. L’Afrique telle que nous la voyons : un continent dynamique, un continent de créateurs et d’entrepreneurs volontaristes, un continent tourné vers l’avenir. Pour la Belgique, il est important que le prochain Sommet UE-Afrique, programmé au 2ème semestre de 2017, se penche également sur le développement économique et la place des jeunes.

La Belgique a une expérience à partager : celle d’une intégration régionale qui promeut la stabilité, la paix, la prospérité et l’Etat de droit. Dans cet esprit, nous encourageons l’intégration régionale en Afrique comme ailleurs. Il existe déjà des dynamiques en cours.

La croissance économique durable et le développement du secteur privé ne sont en effet pas seulement une affaire nationale. Mon pays contribue ainsi au développement de projets transfrontaliers, à travers des acteurs multilatéraux tels que la banque mondiale mais aussi des acteurs non-gouvernementaux tels que trade Mark East Africa, pour promouvoir la libre circulation des personnes et des services. Dans le même esprit, la Belgique encourage aussi les investisseurs privés à financer les projets transfrontaliers.

Je voudrais en effet souligner l’importance du libre-échange au sein de l’espace francophone pour le développement d’une croissance inclusive. Il est évident que le libre-échange doit aller de pair avec l’approfondissement des valeurs de la francophonie : respect des droits humains, gouvernance démocratique, Etat de droit notamment.

Pour l’Afrique des Grands Lacs en particulier, la Belgique a cofinancé une conférence régionale pour promouvoir l’investissement privé dans la région des Grands Lacs en février 2016, qui s’inscrit dans la mise en œuvre de l’Accord-Cadre pour la paix, la sécurité et le développement de 2013. La Belgique attache une importance particulière à la mise en œuvre du Forum sur le secteur privé dans la région des Grands Lacs.

20 jeunes des 4 coins de la Francophonie ont participé aux instances

Certes, en période d’instabilité politique, il est difficile de remédier aux grands problèmes économiques. Des pays en situation de crise sont souvent confrontés au même moment à des crises financières et budgétaires également. Cependant, est-ce la stabilité et l’absence de troubles qui apportent les investissements ou les investissements qui apportent la stabilité et l’absence de troubles? Idéalement, les deux évoluent main dans la main.

La succession des conflits et des souffrances a souvent empêché les jeunes de réaliser leur potentiel. Nous savons que, pour briser le cycle, il ne suffit pas de régler les problèmes de sécurité. Il faut s’attaquer aux causes profondes. Pour cela, il est nécessaire de fonder le développement économique et social sur des bases stables. Il faut une bonne gouvernance et un Etat de droit. Il faut des populations en bonne santé, éduquées et dynamiques. Il faut qu’une chance soit donnée à tous, jeunes femmes et jeunes hommes, filles et garçons, et qu’ils puissent occuper des emplois décents.

Je vous remercie.