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Madagascar : enjeux économiques, francophones et de valeurs

A l’occasion du Sommet de la Francophonie à Madagascar, j’ai fait le point sur les grands enjeux de cette 16ème édition, qui a pour thème la croissance partagée et le développement responsable.

L’agenda 2030 de l’Organisation internationale de la Francophonie, décidé l’année dernière, a pour objectif d’aider des pays francophones qui connaissent des difficultés dans la répartition de la croissance à travers le commerce international, l’investissement mais également le soutien face au changement climatique.

Madagascar, dont le Sud souffre de sécheresse, illustre ce besoin. Les projets peuvent concerner l’énergie renouvelable, la gestion de l’eau, l’irrigation.

Le partage de la croissance est un enjeu pour le monde francophone comme pour toute la planète. L’on peut favoriser le développement de l’activité dans le pays même, passant notamment par la transformation de produits sur place. Des matières premières et ressources naturelles peuvent être transformées dans le pays au lieu d’être transportées à très grande distance. La Belgique contribue par exemple à favoriser la transformation du cacao en chocolat dans des pays de la francophonie.

Dans ces domaines très concrets, la démarche est aussi de faire participer une grande partie de la population. Il s’agit d’améliorer l’accès des femmes à la formation et puis au marché du travail et d’inclure également les jeunes. Je salue d’ailleurs l’initiative de la Secrétaire générale de l’OIF Michaëlle Jean de faire participer des jeunes à ce sommet, ce qui a permis à une jeune Belge de s’exprimer avec beaucoup d’engagement lors de la conférence ministérielle.

Cette dimension économique vient s’ajouter à ce qui constitue la base de la francophonie. D’une part la langue française. J’ai à cet égard fait une proposition : puisque le Royaume Uni a décidé de quitter l’Union européenne, la langue anglaise ne sera plus une langue officielle d’un des plus grands pays de l’UE. Les francophones devraient dès lors réfléchir à la manière de gérer cette situation afin d’affirmer la place de la langue française, à côté d’autres langues, dans les relations au sein de l’Union et dans les relations entre l’UE et le reste du monde.

D’autre part les valeurs. L’Etat de droit, le respect des droits individuels, des droits humains doivent rester en première ligne. Dans un certain nombre de pays aujourd’hui, nous continuons d’être très attentifs à la situation. En République centrafricaine, qui rejoint à nouveau la table francophone après une longue période de crise. Au Burundi, où la crise a provoqué 350.000 réfugiés, où l’on observe des violations de l’espace public comme des atteintes à la liberté de la presse et où il faut restaurer le dialogue. En République démocratique du Congo, qui connaît des tensions politiques fortes, puisque des élections présidentielles auraient dû avoir lieu. Un premier dialogue est engagé avec une partie de l’opposition. Ici aussi, nous avons marqué fortement l’accent sur un espace public ouvert, un respect des libertés individuelles mais aussi l’importance d’un dialogue plus large pour aller au plus vite vers les élections.

>>> Interview sur TV5 Monde, 24/11/16