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Londres : Les fondamentaux sont bons, en attendant les propositions concrètes du formateur

Didier Reynders

Les fondamentaux de la Belgique sont bons. La situation économique et budgétaire est bonne, l’épargne est importante, notre pays garde en taux d’endettement inférieur à 100% et voit son déficit public diminuer plus rapidement qu’annoncé.

Dans un contexte international encore marqué par la crise bancaire et financière de 2008, dans une Europe confrontée à la crise de la dette grecque, c’est le message que le Premier Ministre et moi-même sommes allés rappeler ce lundi aux investisseurs et acteurs des marchés financiers à la City à Londres.

L’analyse de l’agence de notation Moody’s publiée ce même 27 juin va dans le sens de cette analyse. Selon elle, il n’y a aucun raison de dégrader la note de la Belgique, qui reste « Aal ». Au contraire, l’agence va plus loin en assortissant sa note d’une perspective « stable ».

Mais si Moddy’s salue la combinaison entre une économie « avancée et diversifiée » et un « environnement institutionnel développé » permettant à la dette publique de rester abordable, elle met également en garde contre les « tensions politiques » et « l’impasse politique » dans laquelle la Belgique se trouve plongée.

Notre pays doit, je le répète, pouvoir avancer sur le terrain de réformes structurelles. Dans ce cadre, il y a un formateur dont on attend maintenant des propositions concrètes. A défaut d’un nouveau Gouvernement, le Gouvernement actuel devra prendre ses responsabilités.

La dette à proprement parler reste bien entendu une préoccupation forte mais il faut observer que la situation belge évolue positivement si on la compare à d’autres pays, la croissance de la dette n’ayant représenté que 0,4% du PIB en 2010. Aussi, avant la crise de 2008, notre dette s’élevait à 84% du PIB – contre 138% en 1993, soit une diminution de 40 points. Le ratio est remonté ces deux dernières années en raison des dépenses consenties pour le sauvetage des banques. A noter que, dans le même temps, la moyenne de la dette dans la zone euro a globalement progressé de 5,8%, pour atteindre 85,1%, la situation de la France et de l’Allemagne s’étant ainsi dégradée de 40 points.

Le déficit public belge a quant à lui été réduit plus que prévu l’an dernier, à 4,1% du PIB, et devrait encore baisser à 3,6% cette année et 2,8% en 2012, pour renouer avec l’équilibre en 2015, selon les dernières prévisions.