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La Belgique ne fournira pas d’armes à destination de la Syrie

Suite au dernier Conseil Affaires étrangères, décision a été prise de lever l’embargo sur les armes pour les rebelles syriens tout en maintenant l’ensemble des sanctions prises depuis deux ans contre le régime de Bachar al-Assad.
Cette décision va dans le sens de la Grande-Bretagne et de la France, les deux seuls pays de l’Union qui réclamaient depuis plusieurs mois la possibilité de fournir des armes aux forces de l’opposition modérée. La décision a été prise au cours d’une réunion de douze heures. Plusieurs pays, dont l’Autriche et la République tchèque, étaient fortement opposés à une levée de l’embargo.
Il s’agit d’une « renationalisation » de la réglementation sur les armes mais nous avons au moins réussi à maintenir une règle européenne pour les autres sanctions, telles que l’interdiction des visas pour les dirigeants syriens ou les mesures de restrictions économiques. Nous avons aussi assorti cette décision de la prise d’engagements par les Etats : il y a un code de conduite en matière de livraison d’armes et aussi l’obligation de bien définir qui sont les destinataires pour éviter que ces armes ne se retrouvent dans les mains de jihadistes ou de groupes terroristes.
Les pays se sont également engagés à ne pas livrer immédiatement d’armes afin de laisser une chance à la prochaine conférence qui devrait se tenir à Genève entre le régime et l’opposition.
Très clairement, la Belgique a déjà décidé de ne pas livrer d’armes. C’est une frustration parce que l’on aimerait pouvoir aider le peuple syrien et l’opposition syrienne. Mais il n’y a pas aujourd’hui de garanties que ces armes pourraient soutenir réellement une opposition modérée et ne pas aboutir auprès d’extrémistes. L’on doit aussi éviter que des armes livrées en Syrie ne se retrouvent dans d’autres pays et nous avons entendu des craintes notamment du Premier Ministre libyen que des armes n’arrivent entre les mains du Hezbollah ou d’autres groupes.
Nous continuons de soutenir le dialogue politique, nous continuons notre action humanitaire et nous continuons une pression maximale sur le régime en vue d’une solution politique pour un apaisement.
>>> Voir l’interview sur RTL TVI (28/5/13)