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Il n'y a pas qu'Anvers et Charleroi, il y a aussi Bruxelles

Il se développe ces derniers temps une idée selon laquelle l’avenir du pays dépendrait soit Bourgmestre d’Anvers, soit de celui de Charleroi. Et que, dès lors, le pays serait divisé entre une gauche redevenant un peu archaïque et une sorte de droite nationaliste.
Je rappelle qu’il y a une troisième Région, à part entière : la Région bruxelloise. Et j’ai bien l’intention que les libéraux soient la première formation politique de Bruxelles.
Tout ne va pas se régler entre PS et N-VA. La N-VA, elle, utilise de plus en plus l’argument anti-PS. Et je comprends que cela marche en Flandre, qui vote à 80% à droite. Des sorties comme celles qu’on vient d’entendre dans le chef de Paul Magnette poussent au séparatisme. S’il continue à donner une telle image, «à gauche toute», du socialisme wallon, le nationalisme flamand a de beaux jours devant lui.
Pendant un an, au Gouvernement, je n’ai pas entendu ce discours de Paul Magnette quand il était Ministre. Il y a une poussée à gauche, visant à répondre au développement du PTB, à la FGTB…
Sur le fond, les arguments du PS ne se reflètent pas dans les actes. L’on explique que l’Europe est un désastre, qu’il faut une Europe sociale, qu’il faut lutter contre les offshores. Je suis d’accord. Mais dans la réalité, que fait-on? Quand Google arrive à Mons, on tire le tapis rouge. Mais le montage de Google, depuis les Etats-Unis en Europe, ce sont des dividendes qui partent vers les Pays-Bas puis les Bermudes avant de revenir moins taxés… Le Bourgmestre de Charleroi se félicite du développement de l’aéroport? Il se fait grâce à une compagnie low-cost, Ryanair, dont on se demande quel est le montage social, puisque la plupart de ses contrats sont faits en Irlande, en jouant sur le dumping social… Je suis donc un peu surpris qu’après son congrès, le Président du PS n’aille pas directement à l’aéroport mettre de l’ordre dans cette logique sociale. Pourquoi ne convoque-t-il pas les dirigeants de Google, pour leur dire: «Vous ne mettrez pas un pied en Hainaut si vous ne mettez pas fin à vos montages fiscaux»?
Au niveau du Gouvernement, le principal est que l’on continue à avancer avec Elio Di Rupo. Mais si le parti du Premier Ministre décide de mettre le feu au débat politique… Quand on fournit le Premier Ministre, on a pour responsabilité d’assurer la stabilité.
L’attitude du PS est sans doute un programme pour lancer les élections, une posture pour se présenter comme le bon Wallon contre le méchant Flamand. L’éternel ping-pong, comme quand on parlait du méchant CD&V.
Entre les deux, il faut un Bruxellois intelligent. Pour l’instant, dans les intentions de vote, il y a deux grandes formations à Bruxelles, et puis les petites. Il importe qu’avec la confiance des électeurs, les Libéraux puissent donner le ton dans la Capitale. Dans une Belgique appuyée de plus en plus sur trois Régions, je suis convaincu que, s’ils sont premiers, les libéraux peuvent à un moment modifier les équilibres.
Et puis on a tout intérêt à quitter la voie de l’amateurisme. Quand je vois celui des Ecolos en Wallonie…
(Avec Le Soir)