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Didier Reynders qualifie l'impasse politique de «beau gâchis» et propose une autre méthode

Didier Reynders a qualifié l’impasse politique actuelle de «beau gâchis» et a réitéré sa proposition d’adoption d’une autre méthode de négociation institutionnelle qui tiendrait d’abord compte de ce que Francophones et Flamands souhaitent encore faire ensemble au fédéral.
«Je viens d’écouter les commentaires de vos auditeurs et je comprends leur ras-le-bol. Depuis quatre mois maintenant, il n’y a eu aucune réunion entre les sept partis appelés à former un gouvernement. Systématiquement, réunion après réunion, c’est l’échec. Je pense que dans cette formule à sept, il n’y a aucune confiance entre les partenaires…C’est un beau gâchis, l’échec systématique depuis des mois. Depuis quatre mois il n’y a plus eu aucune réunion à sept. Il n’y a aucune confiance entre les partenaires de cette formule,» a déclaré le Président du Mouvement Réformateur qui était l’invité ce jeudi matin de Bel-RTL.
«La méthode de négociation est mauvaise depuis le débutIl faut se demander ce que l’on veut encore faire ensemble, afin de recréer un minimum de confiance, et discuter en même temps du socio-économique comme l’avenir des pensions, les soins de santé, etc.…,» a expliqué Didier Reynders.
«Le clivage entre Francophones et Flamands se double d’un clivage entre la gauche et le centre-droite ou la droite,» a-t-il ajouté.
Rappelant que le MR était disposé à participer aux négociations sur une réforme de l’Etat dont il a été exclu jusqu’ici, Didier Reynders a plaidé en faveur de «plus de transparence dans les discussions sur la réforme de l’Etat.»
«Moi ce que j’attends de Johan Vande Lanotte, c’est qu’il publie sa note. Je pense que les Belges sont en droit de savoir de quoi on discute. Je suis un peu effrayé de voir que, visiblement, les partis francophones disent ‘Oui’ à des choses qui me paraissent inacceptables,» a-t-il dit.
Le Président du MR, Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances, a encore relevé les excellents résultats de la Présidence belge de l’Union européenne obtenus par le gouvernement en affaires courantes, un budget «bien tenu» et une situation économique qui n’est «pas mauvaise
Plusieurs personnalités du Mouvement Réformateur ont aussi émis de vives critiques à l’encontre de la note finale de Johan Vande Lanotte, le conciliateur royal, estimant que celle-ci comportait des atteintes graves aux droits des francophones et aucune avancée pour ceux-ci.
Daniel Bacquelaine, Chef de groupe libéral à la Chambre et candidat à la présidence du parti, a estimé que les négociateurs francophones étaient «dans le reniement ou le renoncement,» ceux-ci se contentant, à ses yeux, de «réagir aux exigences flamandes.»
Le texte tel qu’évoqué à l’heure actuelle «comporte des atteintes graves aux droits des francophones, notamment avec la scission de l’arrondissement judiciaire qui ne permettra plus aux francophones de la périphérie, d’être jugés en français,» a-t-il constaté sur les ondes de Bel-RTL.
Charles Michel, Ministre de la Coopération et également candidat à la présidence du MR, a constaté qu’«en fait d’ ‘équilibre général’, je dirais que les francophones ont reçu quelques cacahuètes alors que les Flamands engrangent. Comment en est-on arrivé là ?… Peut-être les partis à la table des discussions, CDH, Ecolo et PS, n’ont-ils jamais exprimé de façon nette les points qui ont trait à la défense des droits fondamentaux des francophones de Bruxelles et de la périphérie.»
Seul élément positif à retenir selon Charles Michel dans l’entièreté de la note remise par Johan Vande Lanotte: la proposition de regrouper les élections fédérales et celle les entités fédérées.
Olivier Maingain, Président du FDF, a déploré les «avancées substantielles» pour la Flandre, avec notamment des transferts importants de compétences et la «scission unilatérale» de l’arrondissement électoral et judiciaire de BHV.
«On cherche un peu en vain les contreparties significatives en faveur des francophones, et de Bruxelles en particulier. A l’évidence, on se demande si les partis francophones ont déposé une note avec leurs priorités. En tout cas, je ne retrouve pas grandes traces de ces demandes dans la note Vande Lanotte,» a-t-il expliqué sur radio Twizz.
Le bourgmestre non nommé de Linkebeek et député fédéral Damien Thiéry (FDF) a, quant à lui, lui estimé que la note Vande Lanotte ne contenait «pas d’avancées francophones» sur le dossier de BHV.
«De prime abord, pour ce qui concerne les francophones, ce n’est pas intéressant,» a-t-il dit.
Pour Damien Thiéry, l’idée de permettre aux francophones de la périphérie de voter à Bruxelles n’est que de la «poudre aux yeux» qui ne fera que «diviser les voix des francophones de la périphérie».
«Petit à petit, la Flandre va vers son objectif. (…) Après la scission de l’arrondissement (de BHV), ce sera la fin des facilités,» a-t-il encore prédit.