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Didier Reynders favorable à une sorte de pacte de stabilité à l'intérieur des Etats

Une «sorte de pacte de stabilité» devrait pouvoir être adopté à l’intérieur des Etats comme le propose la Commission européenne, a confié jeudi Didier Reynders à l’agence Belga.
Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances a expliqué qu’il était acquis au renforcement de la discipline budgétaire pour les entités régionales dans les Etats fédéraux de l’Union européenne.
Didier Reynders défendra cette idée, qui fait partie d’un paquet législatif sur la gouvernance économique, lors de réunions avec ses homologues de l’Union européenne la semaine prochaine. Il y présentera aussi les derniers chiffres du budget belge et prônera le doublement des moyens du fonds de secours de la zone euro.
Rappelons que c’est dans son paquet sur la bonne gouvernance économique que la Commission européenne a émis l’idée d’un cadre fiscal renforcé au sein des Etats fédéraux.
«Cette évolution est nécessaire, notamment en Belgique, où les réformes institutionnelles négociées devraient faire basculer le centre de gravité vers les entités fédérées,» a expliqué Didier Reynders.
Sans préconiser explicitement que les sanctions envisagées au niveau européen s’appliquent directement aux Régions, notre Ministre des Finances a jugé nécessaire «une capacité de l’Etat et de l’UE de vérifier que chacun fait son travail.»
«Il faut pouvoir identifier où se trouve le dérapage….En Belgique, actuellement, l’évolution budgétaire favorable est due au fédéral, tandis que les Régions ont légèrement dérapé en 2010 et devraient voir leurs finances se dégrader cette année,» a encore dit Didier Reynders.
Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances présentera aussi à ses collègues européens les derniers chiffres budgétaires, arrêtés ce mercredi en comité ministériel restreint.
Le déficit pour l’ensemble des pouvoirs publics s’établira à 4,6% du PIB, soit une amélioration du solde de financement de 0,2 point par rapport au dernier contrôle budgétaire et au programme de stabilité européen. Le gouvernement table sur une amélioration du même ordre en 2011 et prévoit des mesures de compression de dépenses pour la mi-février.
Jeudi, Didier Reynders s’est réjoui que l’annonce ait permis de faire baisser la tension sur la dette belge, dont le niveau est à nouveau plus proche de la dette allemande, qui sert de référence en Europe.
«On se retrouve à nouveau en dessous de 100 points de base pour le différentiel de taux (spread) allemand, après être monté à 140,» s’est-il félicité.
Didier Reynders Il attribue cette accalmie aussi à l’amélioration des perspectives pour le Portugal et aux dernières déclarations du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui veut augmenter les moyens du fonds de secours de la zone euro.
La Belgique est très favorable à cette dernière proposition, a répété jeudi Didier Reynders, qui envisage un doublement des garanties octroyées par les Etats à la Facilité européenne de stabilité financière (FESF), le nom officiel de ce fonds. L’Etat belge est prêt à prendre sa part, a-t-il poursuivi, soulignant qu’il n’y contribuait actuellement qu’à hauteur de 15 milliards d’euros, alors qu’il a octroyé par ailleurs des garanties de 90 milliards rien que pour Dexia.
L’élargissement de la FESF doit être couplé à un engagement des Etats à assainir plus rapidement que prévu leurs finances publiques, a encore estimé Didier Reynders.
«La promesse d’un retour à l’équilibre accéléré pourrait permettre de convaincre l’Allemagne et les autres pays réticents à mettre davantage de moyens dans le fonds de secours de la zone euro,» a-t-il conclu.