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Didier Reynders décrit l’enseignement de la mémoire comme la meilleure protection contre l’antisémitisme et les dérives extrémistes

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Colloque CCLJ

« L’enseignement de la Mémoire est la meilleure protection contre l’antisémitisme et contre toutes les dérives extrémistes au sein de notre démocratie, » a déclaré vendredi Didier Reynders qui était l’un des invités du colloque international organisé à Bruxelles à l’occasion du 50ème anniversaire du Centre Communautaire Laïc Juif (CCLJ).
Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances, qui avait conduit en novembre 2005 une délégation de jeunes MR et de députés au Yad Vashem, le mémorial de l’holocauste, dans le cadre du 60ème anniversaire de la libération des camps de la mort, a rappelé que différentes étapes ont marqué le travail de mémoire en Belgique, où les Juifs installées depuis le 13ème siècle « ont contribué au développement de notre pays à travers un réel bouillonnement culturel et économique.»
Et de citer le travail dans le cadre des restitutions de biens spoliés, dans lequel il a joué un rôle majeur, et qui, certes, ne compense pas les vies disparues, ne diminue pas la souffrance, mais indemnise les survivants et leur communauté et permet de poursuivre un travail de mémoire. Citons également les conclusions de l’étude du Centre d’étude et de documentation guerres et société contemporaine, le CEGES,  commandée par le gouvernement, lorsque Guy Verhofstadt était Premier ministre. Ce rapport démontre que l’État belge a bel et bien adopté une attitude docile « en accordant, dans des domaines très divers, mais cruciaux, une collaboration indigne d’une démocratie à une politique désastreuse pour la population juive.»
Une autre étape était l’adhésion à la Task Force, destinée à soutenir l’éducation des jeunes sur l’Holocauste afin de mieux combattre l’intolérance et le racisme.  Cela  permettra à la Belgique de bénéficier, notamment, de la mise en réseau de chercheurs et d’enseignants ainsi que d’échanges de bonnes pratiques.

Colloque CCLJ

« Ces étapes contribuent à l’enseignement de la Shoah dans notre pays et permettent de lutter contre l’antisémitisme, le négationnisme, la banalisation des dérives démocratiques,» a encore dit Didier Reynders.
Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances, rappelant que « toutes les victimes n’étaient pas juives, certes, mais tous les Juifs étaient victimes, » de la Shoah a déploré que dans plusieurs écoles en communauté française et flamande,  en France et dans d’autres pays d’Europe, « il devient problématique pour certains professeurs d’enseigner l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale.»
« Un phénomène s’y développe, que des intellectuels ont appelé ‘la concurrence des victimes’. Ainsi, certains enfants, souvent mal intégrés, en recherche de leur propre identité, n’acceptent  pas la place que les manuels scolaires accordent à la Shoah.  Certains professeurs, pour éviter les incidents, cèdent ou renoncent spontanément à traiter de la Shoah devant une classe. Dans ces écoles, l ‘insulte de ‘sale Juif ‘ est devenue une insulte banale,» a déclaré Didier Reynders.

Colloque CCLJ

« Bien que depuis de nombreuses années, l’information et les commémorations alimentent un peu partout les médias et les écoles, il semble que les outils utilisés jusqu’ici pour sensibiliser les jeunes, non seulement, ne portent plus leurs fruits, mais dans certains cas, peuvent devenir contre-productifs et décupler l’agressivité, » a-t-il ajouté.
Le Président du MR a encore souligné que « l’éducation est un rempart contre la menace identitaire, la victimisation ou la culpabilité. Sans cela les clichés se développent et nourrissent des comportements irrationnels. »
Faisant siennes les paroles de Simone Veil, Didier Reynders a rappelé que « la mémoire de la Shoah n’est pas seulement une obligation de respect et de fidélité envers les morts, mais un devoir de vigilance envers les vivants.»
« La seule façon d’agir  pour que les Juifs ne risquent pas de mourir  à nouveau dans les chambres à gaz, c’est de se souvenir qu’ils y sont allés. Je suis d’accord avec ses propos : l’enseignement de la Mémoire est la meilleure protection contre l’antisémitisme et contre toutes les dérives extrémistes au sein de notre démocratie, » a-t-il conclu.
Didier Reynders a été accueilli  au colloque dans la salle européenne du Parlement fédéral par Monsieur Joël KOTEK, Professeur à l’ULB et enseignant à Sciences-Po Paris, Secrétaire Général du CEESAG (Centre européen d’étude sur la Shoah, l’antisémitisme et le génocide), membre du Conseil d’Administration du Centre Communautaire Laïc Juif (CCLJ), Représentant du Mémorial de la Shoah en Belgique.
Le colloque était présidé par Elie Barnavi, conseiller scientifique du Musée de l’Europe.

Colloque CCLJ

Citons encore parmi les participants Thomas Gergely (IEJ/ULB), Karel Fracapane (Mémorial de la Shoah-Paris), le Père Patrick Desbois, président de Yahad In Unum, Konstantin Gebert, Journaliste polonais à la Gazeta Wyborcza et à Midrasz, Georges Bensoussan, Mémorial de la Shoah (Paris), Maxime Steinberg, IEJ/ULB (Bruxelles), Ward Adriaans, conservateur du Musée de Malines, Olivier Van der Wilt, conservateur du Fort de Breendonk, Herman Van Goethem (Universiteit Antwerpen), Laurence Schram (Musée de Malines), Philippe Raxhon, professeur à l’ULG, Tal Bruttman, Ina van Looy (Cellule Formation Jeunesse, CCLJ), Nathalie Tenenbaum, directrice du projet de l’Encyclopédie électronique des massacres et génocides, Anne-Marie Revcolevschi, Abe Radkin et Jean Mouttapa (Paris), tous trois responsables du projet Aladin (Unesco) d’enseignement de la Shoah dans le monde arabe, et de Michel Hérode (Démocratie ou Barbarie).

Didier Reynders et T.Gergely