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Conférence-débat organisée par le Montgomery Club

Conférence - débat

Lors d’une conférence organisée par le Montgomery Club, j’ai eu l’occasion de revenir sur la crise bancaire et ses multiples conséquences.
Dans un premier temps, j’ai développé les différentes causes de la crise bancaire de 2008 : une surveillance des autorités de contrôle encore trop nationales alors que le secteur financier s’était internationalisé, une sous-estimation du risque de liquidité, une extrême complexité des produits financiers structurés reflétant un manque de transparence dans le domaine financier, une défaillance de la gouvernance au sein des conseils d’administration d’institutions financières et enfin un système de rémunération favorisant les résultats à court terme. La faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 a entrainé une rupture de confiance entre les établissements financiers et, par conséquent, un assèchement brutal du financement interbancaire.
En quelques jours, il a fallu trouver des solutions structurelles pour éviter la faillite de banques systémiques, qui aurait eu pour conséquence des dégâts considérables sur l’épargne des clients, sur les crédits octroyés aux entreprises et aux particuliers et, enfin, sur l’emploi. Il est important de rappeler qu’aucun épargnant n’a perdu le moindre euro durant cette crise bancaire.
La régulation financière nécessite des réponses à plusieurs niveaux : au niveau belge, au niveau européen et sur la scène mondiale. Dans ce cadre, la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil Ecofin mettent actuellement en œuvre un vaste et ambitieux programme de réformes réglementaires dans le secteur des services financiers.
A la suite des mesures d’urgence qui devaient être prises, l’ensemble des acteurs européens ont lancé un plan de réformes des marchés financiers. Le gouvernement belge s’est inscrit positivement dans cette démarche en soutenant l’ensemble des propositions qui ont été formulées dans le rapport de La Rosière. La Belgique y a également joué un rôle central et moteur dans le cadre de la Présidence belge de l’Union européenne au second semestre de l’année 2010.
Ce renforcement de la régulation financière poursuit quatre objectifs :
– mieux réglementer le secteur financier : il s’agit de renforcer et d’étendre le corpus de règles applicable via une règlementation stricte au sein de l’Union européenne, garantissant un « level playing field » entre tous les acteurs et en évitant ainsi un arbitrage réglementaire ou prudentiel ;
– améliorer sa surveillance, en créant une structure cohérente et efficace pour le contrôle prudentiel des marchés et des opérateurs financiers (banques et assurances) au sein de l’Union européenne (création d’EBA, d’ESMA et d’EIOPA pour assurer, respectivement le contrôle des banques, des marchés et des entreprises d’assurance et de fonds de pension) ;
– renforcer la protection des consommateurs et des investisseurs, tout particulièrement afin de restaurer la confiance de ceux-ci dans le système financier ;
– créer des mécanismes appropriés de prévention et de gestion des crises.
En conclusion, j’ai présenté l’ensemble des directives et règlements déjà adoptés par le Conseil Ecofin depuis la crise de 2008 et qui visent à renforcer la régulation financière, tout en rappelant que c’est un processus continu qui doit se poursuivre.