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Belgian Crew : le street art investit le palais d'Egmont!

Des graffeurs ont investi le palais d’Egmont. Sur les arcades d’une entrée, sur une jeep dans la cour officielle, sur les larges marches de marbre rouge, au cœur des lambris ou sur les grands miroirs de la galerie des glaces…. Les créations faites de couleurs vives, d’écritures débridées, de sculptures imposantes défient notre prestigieux patrimoine! Mais pour le bonheur du spectateur… Cette intervention “illégale” est même au centre de l’exposition “Belgian Crew”, visible dès ce 21 juillet et jusqu’au 31 août.

Comme chaque année à l’occasion de la Fête nationale, avec l’aimable soutien de la reine Mathilde, j’entends mettre en lumière des artistes belges. Après notamment les oeuvres de papier d’Isabelle de Borchgrave ou l’exposition “@ your service” l’année dernière, ce sont aujourd’hui sept artistes de “street art” qui exposent leur travail.

Ceux-ci ont été sélectionnés par le curateur Pierre-Olivier Rollin, directeur du musée d’art de la Province de Hainaut.

Axel. Ce graffeur renoue avec l’esthétique de l’urgence qui caractérisait les premières interventions en rue. Dans la performance, il recouvre de tags et de graffitis colorés l’extérieur d’un véhicule officiel du Ministère des Affaires étrangères.

Sara Conti. Croce & Delizia. Une scène imaginaire, inspirée des visions du Paradis qui ponctuent l’histoire de l’art, traite des relations humaines, des joies et difficultés qu’elles procurent. Autre technique de street art, le papier collé permet de reconstituer un univers végétal onirique qui contraste avec l’architecture.

El Nino. The Great Deal of Pain(t). L’artiste a recréé le drame de tout peintre : renverser un pot de peinture sur un escalier luxueux ! La coulée de peinture évoque aussi bien les célèbres dripping de Jackson Pollock que l’escalier de la bibliothèque Laurentine, de Michelangelo, à Florence.

Gerry. Spectrum. Lorsqu’un graffiti est effacé, il peut en rester des traces presque invisibles sur le mur. Les graffeurs appellent cela un « spectre ». C’est l’une des pièces maîtresses de l’esthétique street art que l’artiste recrée, ici, de manière subtile et discrète.

Michaël Nicolaï aka T.L.H. 976. Union Flag 3.0. Adepte d’une démarche d’interprétation numérique du réel, l’artiste a créé des drapeaux dont la composition multicolore est issue de la palette du logiciel Photoshop®. Les drapeaux deviennent de nouveaux points de repère visuel qui contrastent avec la tonalité générale des bâtiments.

Colonel & Spit. La Vie est Belge. Ce duo revisite la céramique traditionnelle en lui adjoignant des motifs décoratifs inspirés du graffiti. Ils ont réalisé une série de vases décoratifs, aux formes et techniques anciennes, recouverts d’expressions populaires belges typiques.

Frédéric Platéus. Bomb Air. Collection Uhoda, Liège. Figure historique du graffiti en Belgique, Frédéric Platéus aka Rec(to), a transformé ses lettrages en sculpture. La série Bomb Air représente un flop (lettrage dont les lettres ont été gonflées) de « Rec », le tag initial de l’artiste. La sculpture semble flotter dans l’air, avec une légèreté surprenante.

Venez profiter de ces découvertes car le curateur nous a assurés de ce que le palais, qui accueille nombre de rencontres et réunions officielles pour notre pays, serait remis dans son état initial à l’issue de l’exposition…

L’Exposition Belgian Crew est ouverte au grand public ce 21 juillet de 15h à 18h et, du 22 juillet au 31 août, du lundi au vendredi de 12h à 18h. Elle se tient au palais d’Egmont, 8, Petit Sablon, 1000 Bruxelles.