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10ème conférence sur la politique spatiale européenne “More Space for more Europe”

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Mon discours prononcé ce mardi 23 janvier en ouverture de la Conférence sur la politique spatiale européenne:

Madame la Haute représentante, chère Federica,

Madame la Commissaire, chère Elzbieta

Monsieur le Directeur-Général,

Monsieur le Président,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous confier, tout d’abord, ma fierté de vous accueillir aussi nombreux au Palais d’Egmont, cet édifice du Ministère des Affaires Etrangères qui allie histoire et modernité.

Je voudrais aussi vous dire ma satisfaction de participer à nouveau à ce cycle de Conférences consacrées aux politiques spatiales menées par les européens.

Votre présence ici à Bruxelles réaffirme le rôle critique que le spatial constitue et constituera de plus en plus, au quotidien, tant pour nos concitoyens que nos services publics, nos systèmes de sécurité et de défense, et bien entendu, nos entreprises.

En effet, ces rencontres annuelles, nous permettent de mesurer les progrès accomplis au cours des douze mois écoulés. C’est un facteur puissant d’encouragement, même si ce bilan met aussi parfois en évidence des difficultés, voire des lacunes.

Elles offrent aussi une opportunité précieuse de débattre, ensemble, de nos nouvelles ambitions et de nos nouveaux projets.

Nous pouvons dresser un bilan positif de cette première année de mise en œuvre de la Stratégie Spatiale pour l’Europe. Nous devons être fiers et satisfaits de ces bilans, mais nous ne sommes pas au bout du chemin.

Les avancées technologiques incessantes comme l’émergence permanente de nouveaux besoins appellent à aller plus loin.

Mesdames et Messieurs,

Le spatial a toujours été ouvert au monde, et même à l’univers, c’est la moindre des choses. Mais le monde n’a hélas pas toujours été suffisamment ouvert au spatial.

Cela est en train de changer, et de changer très rapidement.

Citant Andrew Ng de l’université de Stanford, le progrès technologique est similaire à une fusée.

Le moteur c’est la puissance de calcul.

Je note en passant que la Commission a, tout récemment, annoncé un plan d’investissement d’un milliard d’euros pour la mise en place d’une infrastructure européenne de superordinateurs d’envergure mondiale, qui est pleinement soutenu par la Belgique.

Mais une fusée c’est aussi, vous le savez, du carburant et le carburant ce sont les données.

Nous nous retrouvons au cœur de la 4e révolution technologique, avec le formidable potentiel du spatial à générer mais aussi à transmettre les données.

Cette révolution transforme la réponse à pratiquement tous les défis contemporains : les changements climatiques, la mobilité, le suivi des flux migratoires, l’énergie mais, aussi, de notre sécurité et défense grâce notamment aux capacités de surveillance de nos frontières et de nos infrastructures critiques.

Le spatial continue de représenter une opportunité extraordinaire qui ne nous laisse pas d’autre choix que d’être ambitieux, pas d’autre place que parmi les premiers rangs mondiaux !

  • Notre ambition passe, en premier lieu, par un secteur spatial européen mondialement compétitif et innovant.

Et cela ne concerne pas uniquement l’amont mais aussi – et de plus en plus – l’aval : les services et le traitement des données.

Cela ne concerne pas uniquement nos entreprises, mais aussi les compétences, l’épanouissement des talents et du capital humain.

L’Europe représente environ 20% de l’économie spatiale globale avec des investissements publics qui ne se montent qu’à 4% des investissements publics mondiaux dans ce secteur. Cela atteste de l’efficacité remarquable des politiques menées à ce jour, des vertus de notre approche ouverte et du dynamisme de nos acteurs publics et privés.

  • Cette ambition implique aussi de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger nos infrastructures tant contre les menaces physiques que digitales. La cyber-sécurité spatiale est pour la Belgique un domaine de la plus grande importance.
  • Cette ambition requiert du financement.

Nous allons être placés devant des arbitrages dans les mois à venir, avec l’élaboration du futur cadre financier pluriannuel de l’UE. Il nous faudra donc à la fois faire preuve de volonté dans la poursuite indispensable de la politique spatiale européenne, et de perspicacité et de pertinence dans nos choix de projets et programmes. Je plaide pour que nous brisions les raisonnements tout faits, que nous fassions preuve d’imagination dans la conjugaison des possibles, en l’occurrence de l’argent public avec l’argent privé, des relations traditionnelles producteurs-clients avec des formules originales de Partenariats Public Privé, des programmes nationaux avec des coopérations extérieures…

Enfin, je profite de la présence de plusieurs Représentants permanents new yorkais qui ont fait le déplacement à Bruxelles à l’occasion de cette conférence pour rappeler qu’en 2018 nous commémorons le 50ième anniversaire de la première Conférence des Nations Unies sur l’exploration et les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique.

Comme en 1968, la Belgique s’engagera avec la communauté internationale à rassembler et à examiner le futur de la coopération spatiale mondiale au profit de « l’Humanité ».

C’est également une opportunité pour l’Union européenne de s’engager à renforcer la contribution des activités spatiales et à la réalisation des objectifs de développement durable.

La Belgique accorde une attention particulière à la réalisation de ces objectifs, et aux besoins des pays qui se développent dans le domaine spatial, tout en examinant attentivement la viabilité à long terme des activités spatiales.

Mesdames et Messieurs,

Durant ces prochains heures, l’avenir du spatial européen reposera sur votre créativité, vos espoirs, et votre expérience, aussi.

Je vous souhaite de bons débats !