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oct 24, 2017

Ouverture à Abidjan d’un séminaire sur les droits de l’Homme dans le secteur privé

J’ai ouvert ce matin à Abidjan, en présence de SAR la Princesse Astrid, un séminaire consacré aux droits de l’Homme dans le secteur privé. Ce séminaire était plus particulièrement axé sur la prévention et l’abolition du travail des enfants dans la chaîne d’approvisionnement du cacao, le principal produit d’exportation de la Côte d’Ivoire.

A la suite de mon intervention, des discours, des témoignages et un débat réunissant tous les acteurs concernés ont eu lieu. Le séminaire accueillait des représentants de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), de l’UNICEF, du Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale, des coopératives ivoiriennes de planteurs, de négociants de cacao et des grands acteurs de l’industrie du chocolat. La Première Dame de la République de Côte d’Ivoire Dominique Ouattara, très engagée en matière de droits des enfants et de lutte contre le travail des enfants, est également intervenue au cours du séminaire.

Le nombre d’enfants qui travaillent en Afrique a baissé d’un tiers depuis 2000. Le chiffre reste cependant très élevé et tourne actuellement encore autour de 152 millions d’enfants victimes du travail des enfants dans le monde d’après l’OIT, dont 72,1 millions en Afrique. La plupart des industriels du chocolat, dont beaucoup sont présents en Belgique, ont relevé le défi de ne plus produire que du chocolat durable à l’horizon 2020.

Le Gouvernement belge souhaite vivement coopérer avec des pays comme la Côte d’Ivoire pour encourager les entreprises à respecter les standards internationaux en matière de droits de l’Homme. Il est important que le renforcement de nos liens économiques puisse aller de pair avec une qualité de vie meilleure pour nos citoyens, avec une attention particulière pour les plus vulnérables d’entre eux.

La Belgique a marqué son engagement en matière de droits de l’Homme dans le secteur privé dans un Plan d’Action National « Entreprises et droits de l’Homme ». Adopté en juillet 2017, ce plan d’action sera bientôt présenté officiellement.

Un des engagements du plan d’action est d’intégrer une activité de sensibilisation et d’information sur cette problématique lors des missions économiques à l’étranger, en coopération avec le pays-hôte, les entreprises et la société civile. Le séminaire d’aujourd’hui était le premier dans son genre, une initiative qui sera répétée lors des prochaines missions économiques.

Le séminaire qui était organisé aujourd’hui cadrait aussi dans le contexte plus large des relations entre l’Union Européenne et l’Afrique, à l’approche du 5ème sommet Union Africaine-Union Européenne, où l’accent sera mis sur l’importance d’investir dans la jeunesse.

Pour plus d’informations à ce sujet, consultez http://www.belgianeconomicmission.be/ou suivez-nous sur Twitter avec le hashtag #BEmissionCIV

>>> COMMUNIQUE DE PRESSE (F/N/E): Didier Reynders ouvre à Abidjan un séminaire sur les droits de l’Homme dans le secteur privé

>>> Sur le même sujet: Mission économique belge en côte d’ivoire, du 22 au 25 octobre 2017

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Mon discours prononcé ce mardi 24 octobre:

Votre Altesse royale,
Madame Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres et Secrétaires d’Etat,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et représentants du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs représentants des organisations multilatérales,
Mesdames et Messieurs les acteurs de la filière cacao,
Mesdames et Messieurs, en vos rangs, titres, grades et qualités, tout protocole observé,

Je souhaiterais commencer cette intervention en remerciant Madame Dominique Ouattara pour sa présence parmi nous aujourd’hui et pour le soutien que ses services ont apporté à la préparation de cette rencontre.

Votre présence ne surprend évidemment personne, tant votre engagement est fort en matière de droits de l’enfant en général et de la lutte contre le travail des enfants en particulier. Pas plus tard que la semaine dernière, vous avez d’ailleurs rassemblé vos consoeurs de la sous-région ici, à Abidjan, pour aborder notamment cette question. Je vois aussi dans votre présence une manifestation de la volonté ivoirienne d’entretenir les excellentes relations de travail et d’amitié qui existent entre nos deux pays.

Votre Altesse Royale,
Madame Ouattara,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Votre Altesse Royale,
Madame Ouattara,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Le monde rétrécit sans cesse au fur et à mesure que nos économies s’intègrent davantage et que les liens entre elles ne cessent de se multiplier. Ce rapprochement, nous nous en réjouissons, pour peu qu’il s’effectue dans des conditions qui soient bénéfiques à tous.

Cette évolution vers des économies nationales toujours plus imbriquées, doublée d’une véritable révolution en matière d’information et de communication, ne simplifie pas le travail des entrepreneurs. Bien au contraire, elle provoque un phénomène qu’aucun d’entre eux ne peut ignorer: la complexification des chaines d’approvisionnement où interviennent des partenaires connus mais aussi des interlocuteurs et des protagonistes nouveaux et souvent insoupçonnés.

Ce nouvel état de fait apporte avec lui son lot de défis tant pour les autorités publiques, que pour les entreprises, qui sont des employeurs d’une part et d’autre part des acteurs économiques dont les activités ont un impact sur des communautés entières, tout au long de la chaine de production jusqu’au client ou consommateur final.

Ces nouveaux défis, et leur nature souvent transfrontalière, sont une formidable opportunité à saisir.

C’est particulièrement vrai quand il s’agit du respect des droits de l’Homme à travers les chaines de production.

Pour nous, Etats, l’intégration de nos économies donne une dimension supplémentaire à nos engagements nationaux en matière de droits de l’Homme : elle nous pousse à rester vigilants au sein de nos juridictions, mais aussi à faire notre possible pour contribuer positivement à la pleine jouissance de leurs droits humains par les différents acteurs des chaines de production de nos entreprises, même quand ces acteurs sont au-delà de nos frontières.

Dans nos contacts avec les entreprises, nous constatons que nombre d’entre elles sont conscientes de leurs responsabilités sociétales et ont déjà pris les devants en la matière, comme le démontrent des projets de durabilité comme Forever Chocolate (de Barry Callebaut) ou Cocoa Life (de Mondelez), pour n’en citer que deux…

Ce type travail doit impérativement s’opérer en coopération et en toute transparence avec la société civile, que la Belgique continuera à soutenir, notamment par le biais de notre coopération technique.

Le Gouvernement belge souhaite vivement coopérer avec des pays partenaires comme la Côte d’Ivoire afin d’encourager les entreprises à respecter un nombre de standards internationaux en matière de droits de l’Homme, traduits dans les conventions consacrant les droits humains, ainsi que dans les Conventions de l’OIT.

J’en profite pour saluer le travail important de l’OIT et d’UNICEF, deux organisations pionnières sur la thématique du respect des droits de l’Homme par les entreprises et avec lesquelles nous entretenons des liens étroits, notamment sur cette question.

Au niveau national, la Belgique a décliné son engagement en matière d’ « Entreprises et droits de l’Homme », à travers une trentaine d’actions compilées dans notre Plan d’Action National « droits de l’Homme et entreprises » visant à mettre en oeuvre les Principes directeurs des Nations Unies adoptés à l’unanimité par le Conseil des droits de l’Homme en 2011.

Un des engagements repris dans ce Plan d’Action prévoit de consacrer du temps à la sensibilisation et à l’information lors de nos missions économiques à l’étranger, en coopération avec le pays-hôte et les entreprises elles-mêmes ainsi que la société civile. C’est dans cet esprit que nous avons souhaité organiser l’événement d’aujourd’hui, une première dans son genre, qui est appelé à être répété lors des prochaines missions économiques.

L’organisation de ce séminaire cadre aussi dans le contexte plus large des relations entre l’Union Européenne et l’Afrique. A la veille du 5e sommet Union Africaine-Union Européenne qui se tiendra à la fin du mois de novembre à Abidjan, notre pays veut contribuer à un renforcement continu des liens politiques et économiques durables entre nos deux blocs régionaux, basés sur le respect mutuel et la mise en oeuvre commune de nos obligations en matière de droits humains. Lors du sommet, nos dirigeants mettront l’accent sur l’investissement dans la jeunesse, dans l’avenir de nos pays. C’est aussi avec cet objectif à l’esprit que l’événement d’aujourd’hui tentera de mettre en lumière les important défis posés aux entreprises en matière de travail des enfants.

Malgré d’importants progrès accomplis les dernières années dans ce domaine, on déplore encore plus de 168 millions d’enfants au travail dans le monde aujourd’hui. Lutter contre ce travail des enfants est un sérieux défi pour bon nombre d’industries, dont celle du cacao. Les Principes directeurs des Nations Unies, qui font amplement références aux Conventions de l’OIT en la matière, fournissent une grille de lecture permettant aux entreprises de développer des politiques de diligence raisonnable efficaces pour lutter contre ce phénomène qui trop souvent prive des jeunes de leur enfance et des pays d’une prospérité durable.

Votre Altesse Royale,
Madame Ouattara,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Pour terminer, je me permets de citer l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies, le Ghanéen Kofi Annan qui disait dans sa grande sagesse que « La mondialisation ne sera une réussite que si elle l’est pour les pauvres comme pour les riches. Elle ne doit pas moins offrir de droits que de richesses. Elle ne doit pas moins apporter la justice sociale que la prospérité économique ».

C’est forts de cette vision et de cette philosophie que la Belgique continuera à s’engager aux côtés de ses partenaires comme la Côte d’Ivoire, pour que le renforcement de nos liens économiques aillent de pair avec une qualité de vie meilleure pour nos citoyens, avec une attention particulière pour les plus vulnérables d’entre eux, comme les enfants.

J’encourage tous les participants à notre rencontre d’aujourd’hui à s’engager pleinement dans les discussions qui vont suivre et espère que ce moment d’interaction vous apportera les éclaircissements que vous cherchiez sur cette thématique difficile du travail des enfants. Ce n’est que le début de la conversation et je suis confiant que celle-ci aboutira davantage encore de coopération entre nos deux pays et entre les acteurs du secteur.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite de fructueux échanges.


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