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sept 19, 2017

72ème session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York

Je participe cette semaine à la 72ème Assemblée générale des Nations Unies à New York.

Cette session revêt une importance particulière pour la Belgique car notre pays est candidat pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité en 2019-2020. Parmi les atouts de la Belgique, il y a sa longue tradition diplomatique et sa capacité à trouver des compromis.

Cette candidature est abordée lors des rencontres bilatérales menées par notre délégation. Des rencontres sont entre autres organisées avec le Bouthan, l’Equateur, la Macédoine, l’Iran, l’Irak, Maurice, le Maroc, l’Albanie ou encore la République dominicaine.

La situation en Afrique centrale constitue l’un des points d’attention. Alors que la Belgique plaide pour la publication d’un calendrier électoral en République démocratique du Congo, le Ministre congolais des Affaires étrangères Léonard She Okitundu a affirmé, ce lundi, suite à notre rencontre, que celui-ci serait publié de manière imminente. Ainsi, je m’attends dans les prochains jours ou semaines à ce que la Ceni – Commission électorale nationale indépendante – publie un calendrier permettant la tenue d’élections simultanées. Tout doit en tout cas être fait pour qu’on aboutisse vraiment à des élections. J’envisage une visite à Kinshasa d’ici la fin de l’année, afin d’inaugurer la nouvelle ambassade de Belgique mais aussi de pouvoir aborder avec les autorités locales la remise à plat des relations belgo-congolaises.

Avec mon homologue, j’ai également évoqué la situation sécuritaire en RDC. Je suis notamment revenu sur l’assassinat de deux experts de l’ONU dans le Kasaï, ainsi que sur les affrontements qui ont entraîné vendredi dernier la mort de dizaines de réfugiés burundais au Sud Kivu. Nous voulons que la clarté soit faite sur ces faits. M. Okitundu a donné la garantie que la RDC accepterait des experts internationaux pour faire la lumière, aux côtés d’enquêteurs congolais, sur ces violences.

En marge de l’ouverture de cette 72ème session, j’ai par ailleurs participé à la réunion de haut niveau organisée par le Secrétaire général de l’ONU sur la prévention des abus et de l’exploitation sexuels commis par des membres du personnel des missions de l’ONU.

J’ai demandé une attention particulière sur cette problématique. La protection des civils et des plus vulnérables de la société doit être le point de départ des opérations de paix. Pour cela, il est essentiel que le personnel des missions de l’ONU réponde aux plus hautes normes éthiques de conduite.

La lutte contre les abus et l’exploitation sexuels est une priorité de la Belgique, notamment du fait de l’engagement belge au Sahel et de la participation active de la Belgique à la mission de paix de l’ONU au Mali (MINUSMA). Au fil des années, la Belgique a renforcé son cadre législatif afin de répondre aux plus hautes normes et de pouvoir agir autant au niveau de la prévention que de la répression contre ce type de débordements. Notre pays collabore également activement au niveau international pour renforcer la politique de l’ONU en cette matière et s’assurer qu’elle est mise en œuvre.

Pour cette même raison, la Belgique souscrit pleinement au pacte du Secrétaire général de l’ONU concernant les abus et l’exploitation sexuels. En se ralliant à ce pacte, l’ONU et ses États membres qui contribuent au personnel des missions prennent des engagements concrets à accroître leurs efforts dans ce domaine.

Je m’engage également personnellement sur cette problématique. Je souhaite maintenir cette cause au premier rang de l’agenda international. Je plaiderai pour que tous les États membres de l’ONU s’unissent dans la lutte contre les abus et l’exploitation sexuels.

Ce lundi j’ai en outre pris part à l’évènement de lancement de l’alliance mondiale pour mettre fin au commerce de biens utilisés pour infliger la peine capitale et des tortures.

Cette alliance encouragera d’autres pays à suivre l’exemple  de la réglementation avancée de l’UE en la matière. Cette réglementation prévoit une interdiction du commerce de biens qui peuvent être utilisés pour infliger la peine capitale et  des tortures.  Elle impose  aussi  des contrôles à l’exportation des biens qui peuvent être utilisés à cette fin.

J’ai profité de cette occasion pour annoncer que le Septième Congrès mondial contre la Peine de Mort aura lieu en février 2019 à Bruxelles.

Au cours de cette Assemblée générale, la Belgique mettra notamment l’accent sur la promotion d’un traité d’interdiction complète des essais nucléaires – au sol, dans l’atmosphère, sous terre et sous eau. La Belgique s’est portée candidate pour être coordinateur sur ce dossier. On doit lutter pour la non prolifération : éviter que de nouveaux pays se dotent de l’arme nucléaire et donnent des idées à d’autres, y compris des groupes terroristes. L’avantage de ce traité sur l’interdiction des essais, c’est qu’il éviterait les négociations hasardeuses au Conseil de sécurité, où une résolution n’est jamais à l’abri du risque d’un veto. Si les essais sont interdits, les sanctions sont immédiates en cas de contravention à la règle.

Le traité n’est toujours pas d’application, faute de ratifications en nombre suffisant. La France, le Royaume-Uni et la Russie l’ont ratifié, mais toujours pas les Etats-Unis ni la Chine. Son entrée en vigueur mettrait la pression sur les Etats-Unis et les autres puissances nucléaires, comme l’Inde, Israël, le Pakistan et la Corée du Nord.


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