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sept 12, 2017

Allier les trois « D » : diplomatie, défense et développement

Dans le cadre d’une interview au journal Le Soir ce week-end, je suis revenu sur ma dernière mission au Mali et au Tchad.

Le Mali est un enjeu important car le problème de la migration et celui du développement des terroristes nous touchent directement en Belgique.

Au Mali, nous expérimentons grandeur nature l’application de notre nouvelle approche globale des trois « D » : allier diplomatie, défense et développement. On est plus efficaces quand on travaille sur ces trois axes, sous le lead des Affaires étrangères.

Diplomatiquement, nous sommes en contact bilatéral suivi avec le Mali. Et nous avons décidé de transformer le bureau diplomatique que nous avions à Bamako pour lui donner rang d’ambassade.

Par ailleurs, les besoins du Mali en matière de sécurité et de défense sont immenses. Nous avons donc engagé une forte présence belge au sein de la mission de l’ONU et des missions européennes EUTM et Eucap. Tant à la Minusma qu’à l’EUTM, les généraux belges aux commandes sont entourés d’une importante équipe belge. Et si la présence belge va diminuer en 2018 à l’EUTM, elle va monter en puissance à la Minusma.

Et il y a enfin le développement : en juin 2016, un nouveau programme indicatif portant sur 31 millions d’euros a été signé, qui s’ajoute à ce qui est fait en matière de développement avec nos contributions à l’Union européenne et à l’ONU. Il faut de façon urgente développer les zones reconquises sur les groupes armés.

La situation au Mali connaît une détérioration dans le nord et le centre. L’Etat est en outre encore absent de larges pans du territoire national. Alors que des élections régionales et municipales doivent avoir lieu avant la fin de l’année et des présidentielles l’an prochain, notre message aux autorités, c’est qu’on aimerait éviter des troubles politiques. Parce que s’il faut aussi sécuriser Bamako, il faudra retirer des forces ailleurs.

Nous avons donc insisté sur le fait que ce sont les Maliens qui doivent trouver des solutions politiques. Oui, il faut améliorer la gouvernance. Et prendre en compte le fait que les groupes radicaux terroristes se financent aussi par les trafics de drogues et de migrants. Si on veut éviter qu’ils recrutent encore plus, il faut mettre en place un développement de base, avec des activités économiques.

Et si les forces maliennes deviennent vraiment efficaces, qu’elles arrivent à traquer les terroristes et trafiquants, cela devrait décourager les jeunes de rejoindre les rangs de ces groupes. La force conjointe G5 Sahel qui va être déployée aux frontières du Mali devrait permettre de bloquer trafiquants et terroristes.

© Le Soir 9/9/17 – Véronique Kiesel

>>> Sur le même sujet : Mission au Mali puis au Tchad


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