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août 1, 2017

Avec la bande dessinée, je peux me vider la tête

Dans le cadre d’une interview d’été, j’ai accueilli le journal L’Echo dans ma bibliothèque.

La lecture est avant tout une affaire de détente : j’apprécie beaucoup les bandes dessinées et les romans. Depuis tout gamin, je dévore des BD. Via les magazines spécialisés, d’abord, avec Spirou et Tintin. Je suis fan des grands classiques, Astérix, Tintin, Les Tuniques bleues, Natacha et Yoko Tsuno, également, mais un peu moins Edgar Jacobs et Blake et Mortimer. A l’adolescence, j’ai découvert le magazine Pilote.

J’ai tout de suite accroché, avec comme auteurs favoris: Claire Bretécher et Gotlib. J’ai adoré les bandes dessinées de Gotlib. J’étais très content quand le centre belge de la BD lui a consacré une exposition et on a d’ailleurs refait récemment une expo au musée juif. Gotlib, c’est un des premiers à avoir travaillé sur la case. Il y avait notamment sa fameuse coccinelle qui sortait des cases de la BD par exemple à l’aide d’une échelle et je trouvais ça vraiment formidable. Un humour très souvent sexuel, évidemment. À l’époque, j’ai aussi pas mal lu des Raiser. J’apprécie également Jean Van Hamme, le duo Renaud/Dufaux pour Jessica Blandy. On a une grande planche à la maison et les petits-enfants sont venus dire à mon épouse: « il y a une femme nue sur le mur des toilettes! » Ils étaient choqués. Parfois, en plein débat budgétaire, je passe chez Filigranes, et je fais une véritable rafle de bandes dessinées, c’est clair que ça se lit assez facilement et ça me vide la tête.

Il y a les BD et il y a les romans. En 2007, en pleine négociation de l’orange bleue au coeur de l’été, j’ai laissé Pierre-Yves Jeholet et Daniel Bacquelaine négocier avec Joëlle Milquet et suis parti au Kenya rejoindre sa famille quelques jours. J’étais fatigué. Marc Filipson, le patron de Filigranes, m’a alors conseillé de prendre « Comme une tombe », de Peter James. C’est l’histoire d’un groupe de copains qui part faire un enterrement de vie de garçon, à un moment ils mettent leur copain dans un cercueil pour rigoler et repartent faire un tour en voiture. Puis, ils sont tous bourrés, ils font un accident et ils meurent tous. Et leur copain les attend dans le cercueil. Tout le roman est à ce rythme-là… J’ai tout lu d’une traite dans l’avion.

L’avion, où je passe de nombreuses heures, est ma salle de lecture préférée. Je lis évidemment énormément dans les avions, en voyage. Je lis très lentement. Je lis vraiment chaque ligne, jamais en diagonale. Je ne passe aucun passage et si à un moment je lis machinalement sans faire attention, je reviens en arrière pour relire. Je termine mes livres comme je reste jusqu’au bout des spectacles même si certains m’ennuient… J’adore les épopées. Les livres qui m’ont beaucoup marqué sont « La plaisanterie » de Kundera, « Le parfum » de Suskind ou « Le nom de la rose » d’Umberto Eco.

Plus récemment, j’ai beaucoup aimé “Le dernier des nôtres” d’Adélaïde de Clermont Tonnerre ou encore “2084” de Boualem Sansal. Je l’ai rencontré sur le plateau de Canal + à Paris l’année dernière. Son livre est vraiment sensationnel. C’est une description à la Orwell d’un monde qui deviendrait complètement islamiste.

Je suis Pilgrim, de Terry Hayes: Un roman qui reprend le récit du 11 septembre, une femme qui arrive et ne rentre pas dans la deuxième tour et de l’autre côté, un jeune qui devient terroriste. Sans oublier bien sûr Amélie Nothomb et Eric-Emmanuel Schmitt. Ce sont des bouquins qui se lisent facilement mais j’aime le côté prenant et distrayant. J’ai aussi un vrai coup de foudre pour « La vérité sur l’affaire Harry Quebert ». J’ai trouvé ce livre extraordinaire.

Interview parue dans l’Echo du 1er/8/2017


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