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oct 19, 2016

Forum Crans Montana : « Quels plans d’action contre la radicalisation des femmes? »

Ce mercredi matin, j’ai pris part à la séance inaugurale du Forum Crans Montana au Parlement européen.

Le Forum Crans Montana est une organisation suisse qui oeuvre pour un monde plus humain et plus impartial. Pour ce faire elle encourage la coopération internationale et la croissance globale tout en maintenant un grand niveau de stabilité, d’équité et de sécurité. Le Forum représente une occasion d’échanges entre responsables économiques et politiques.

Ce Forum est consacré à la sécurité domestique et mondiale, et la séance inaugurale avait pour thème « Quels plans d’action contre la radicalisation des femmes? ».

La Belgique est concernée par la radicalisation. C’est le 24 mai 2014 que le premier « foreign fighter » (FTF) a commis une attaque contre le Musée juif de Bruxelles. S’en sont suivis les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, à Paris et notamment au Bataclan, à Nice cet été, et bien sûr le 22 mars à Zaventem et à la station Maelbeek de Bruxelles.

Selon les sources et selon les différents pays, entre 10 et 18% de FTF sont des femmes et particulièrement de très jeunes filles de 12 à 17 ans. Pour la Belgique, 1 FTF sur 6 est une femme.

A côté d’un rôle d’épouse et de soutien logistique au sein de Daesh, les femmes ont aussi maintenant un rôle actif pour commettre des actes. Enfin, des femmes nous ont donné le signal de vouloir revenir de Syrie avec leur enfant car ce qu’elles y ont trouvé n’est pas conforme à ce qu’elles pensaient.

De par leur rôle primordial dans la sphère éducative, ces mères seront évidemment un filtre ou au contraire un terreau pour le développement du radicalisme.

Les mères peuvent en outre être en 1ère ligne pour détecter des signes de radicalisation, si elles y sont sensibilisées. N’oublions pas que les pères ont également leur part de responsabilité de transmission et inculcation des valeurs.

L’EI n’a pas sous-estimé la dimension « gender ». Il est temps que nous la développions également dans nos politiques de prévention et de contre-terrorisme. Pour apporter une réponse ciblée, nous devons nous baser sur le rôle spécifique des femmes.

Si le développement de la résilience et de l’esprit critique est nécessaire, comme pour les hommes, l’autonomisation, l’émancipation des femmes est essentielle. Nos politiques de prévention doivent garantir aux jeunes filles et aux femmes l’accès à la formation, aux valeurs de notre société, à la citoyenneté et à l’exercice de celle-ci.

Vu leur place centrale dans la famille, une sensibilisation et un soutien sont nécessaire vis-à-vis de leur rôle de filtre et de garantes de la stabilité et harmonie au sein de la famille, mais aussi comme vecteur de dialogue au sein de la société. Elles doivent non seulement être sensibilisées aux signes de radicalisme mais aussi à même de pouvoir y répondre.

Un accompagnement peut également être envisagé dans leur rôle éducatif, en termes de positionnement dans la société, de citoyenneté. Enfin, pour celles qui reviennent avec leurs enfants, outre l’aspect répressif, un soutien en termes de déradicalisation, de réinsertion et surtout de reprise en main de leur rôle éducatif vis-à-vis de leur enfant est essentiel.

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