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avr 8, 2016

Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève: intervention à la conférence sur la prévention de l’extrémisme violent

La Belgique remercie le Secrétaire général des Nations Unies et la Confédération suisse de leur initiative sur un thème important et sur lequel nous devons renforcer nos efforts communs.

L’extrémisme violent est un phénomène dont l’amplitude globale a été confirmée par de nombreux événements. Je voudrais associer en pensée à nos travaux les victimes innocentes de ces atrocités, où qu’elles soient décédées, en Belgique ou en France, au Liban, au Pakistan, en Irak, en Côte d’Ivoire, en Turquie ou ailleurs.

Mon pays a été récemment touché par cette violence et a reçu en réponse des milliers de témoignages de soutien officiels mais aussi anonymes. Ils nous prouvent que les valeurs que nous chérissons de liberté et de droits humains et la solidarité dépassent les frontières également.

La Belgique accueille positivement le Plan d’Action du Secrétaire général sur la prévention du terrorisme et de l’extrémisme violent. Celui-ci définit à juste titre le cadre essentiel pour prévenir l’extrémisme et incite chaque Etat et chaque région à prendre ses responsabilités. Les causes de l’extrémisme sont multiples et se situent au niveau individuel, comme national ou régional. Il convient donc d’adresser les causes profondes dans chaque contexte spécifique, en suivant le cadre général défini par le Secrétaire général.

Le Plan d’Action met à juste titre en avant les éléments indispensables pour lutter contre ce fléau, notamment l’Etat de droit, la lutte contre l’impunité ou les droits de l’homme.  Le rôle de la jeunesse et des femmes mérite également une attention toute particulière. L’importance de facteurs structurels comme l’accès à l’éducation et l’emploi – voire le respect de principes de base du droit international – comme l’accès sans entraves de  l’aide humanitaire – sont également des éléments importants dans le cadre d’une approche intégrée.

La Belgique a souhaité dès le départ mettre sur pied une stratégie globale de lutte contre l’extrémisme. Elle a également travaillé avec acharnement pour continuer à développer le cadre régional adéquat, que ce soit au sein de l’Union européenne ou du Conseil de l’Europe. Le plan d’action du Conseil de l’Europe sur la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation conduisant au terrorisme, adopté lors de la Présidence belge du Comité des Ministres en 2015, est une base de référence non seulement pour les pays membres du Conseil de l’Europe mais également au-delà, pour définir les outils de prévention des actes de terrorisme, tout en respectant les droits de l’homme et dans le plein respect de l’État de droit. Au sein de l’Union européenne, la stratégie de contre-terrorisme définie en 2005 a été suivie d’une série de décisions et de mesures concrètes.

De nombreux efforts ont donc déjà été entrepris. Il convient de placer nos efforts additionnels dans ce cadre, en développant autant que possible les synergies indispensables entre les stratégies existant au niveau national, régional et global. Le Plan d’Action met en avant le concept de ‘ONE UN’, ce dont la Belgique se félicite. Il conviendra que la plateforme envisagée se concentre en premier lieu sur la cohérence et la coordination des instruments liés au contre-terrorisme à tous les niveaux. Nos efforts doivent viser en priorité à mettre en œuvre les stratégies existantes, à renforcer ou développer les stratégies au niveau national ou régional. La création de nouveaux outils, par exemple un fonds de soutien aux projets innovants, doit être analysée en fonction de son opportunité, prenant en compte les outils existants.

De nombreuses recherches ont déjà été menées pour comprendre le phénomène et doivent servir de base pour aller plus loin dans notre compréhension du phénomène et dans la définition des actions pour le prévenir.

La Belgique a défini son premier plan d’action dès 2005. En avril 2013, le Gouvernement a adopté un programme national initial pour la prévention de la radicalisation basé sur l’amélioration de la connaissance des processus de radicalisation, la promotion des mesures sociales préventives pour contrer les facteurs de radicalisation, le renforcement de la résilience des groupes vulnérables et la sensibilisation au niveau local.

La Belgique a mis sur pied un mécanisme d’échanges de bonnes pratiques entre les différentes autorités locales les plus concernées par le phénomène. L’amélioration de la réponse des villes et communes en la matière est également soutenue par l’analyse et des formations. Plusieurs outils spécifiques de formation ont été développés pour améliorer la résilience des jeunes et de leur environnement social, face aux risques de la radicalisation. Les villes les plus touchées bénéficient également d’un financement additionnel au financement régulier dans leurs efforts pour renforcer la résilience et lutter contre la radicalisation des jeunes. La Belgique dirige et accueille également un programme européen de communication stratégique, permettant de soutenir les efforts des Etats membres et d’échanger les meilleures pratiques. Un plan de lutte contre la radicalisation dans les prisons a été lancé en 2015.

Le renforcement des jeunes, via l’éducation – et en particulier l’éducation civique – doit permettre le développement d’un sentiment d’appartenance et d’une identité forte au sein de la société. La Belgique accueillera prochainement une conférence du Conseil de l’Europe sur ce thème. Le rôle des parents et des familles dans l’encadrement est également essentiel.

A l’heure où l’Europe est secouée par des attentats terroristes, nous mettons en place de nouvelles mesures pour faire face aux menaces qui pèsent sur nos sociétés. Il est important qu’un regard impartial continue à analyser objectivement nos politiques au regard des fondamentaux universels que sont l’Etat de droit et les droits de l’homme. Des outils existent pour ce faire, notamment au sein du Conseil de l’Europe. J’ai pour ma part pris des initiatives en ce sens au niveau de l’Union européenne. Nous devons rester vigilants pour que la lutte que nous menons contre le terrorisme respecte la liberté d’expression et des citoyens, comme le soulignait justement, dans son dernier rapport, M. Ben Emmerson, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme dans la lutte contre le terrorisme.

Rt Hon Baroness Anelay of St Johns DBE, Minister of State at the Foreign & Commonwealth Office and Didier Reynders

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