Syrie : il fallait un geste
Ce lundi, nous avons pris la décision de rappeler pour consultation notre ambassadrice à Damas. La Belgique a été la première au sein de l’Union européenne, avec le Royaume-Uni, à poser cet acte, posé depuis par la France, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas.
Il fallait faire un geste.
Il fallait d’abord montrer d’une manière claire aux autorités syriennes notre réaction face à la répression tout à fait inacceptable opérée depuis des mois et ayant à ce jour causé la mort de plus de 6.000 personnes.
Ensuite, il convient pour nos services de procéder à une évaluation de la sécurité sur place, pour notre personnel et aussi pour les quelque 560 doubles nationaux. Les informations venant de Syrie ne sont pas toujours très claires et sont difficiles à collecter. Mais l’on parle de massacres.
Nous enverrons probablement rapidement une mission sur place pour évaluer les risques en matière de sécurité.
Je ne suis malheureusement pas optimiste quant à une évolution du président syrien Assad. C’est pourquoi la Belgique mise beaucoup sur les initiatives de la Ligue arabe, qui plaide pour une transition politique sans ce dernier. Ce plan est très important. J’ai reçu tout récemment les ambassadeurs de la Ligue arabe à Bruxelles et leur ai dit que nous avions tout intérêt à soutenir ce genre de proposition, qui constitue en fait l’une des conditions pour aller vers une situation positive.
Sur le plan politique, les Européens sont unanimes à ce sujet. Nous cherchons par ailleurs une manière de faire pression sur les pays qui ont mis un veto regrettable samedi au Conseil de sécurité des Nations-Unies à l’adoption d’une résolution condamnant les violences. Nous travaillons à un changement d’attitude de Moscou et de Pékin. Nous avons aussi adopté des sanctions envers le régime syrien et celles-ci pourraient d’ailleurs être durcies dans les jours qui viennent.
Cet article est tiré d’une interview parue le 8/2/12 dans Le Soir Monde



