Chargement des tweets...

Suivez-moi
sur Twitter
Accueil  »  2012 - Janvier  »  De la discipline et de la solidarité
jan 23, 2012

De la discipline et de la solidarité

A la suite des mouvements du printemps arabe, la préoccupation est d’abord d’accompagner le plus possible cette évolution. Il s’agit dans ce cadre de défendre des valeurs : les Droits de l’Homme et les libertés, car l’on sent bien une aspiration à aller vers la liberté, des élections libres, un changement de régime en certains endroits. Notre accompagnement s’opérera par un soutien, une vigilance ou des sanctions selon les situations car celles-ci ne sont pas comparables.

Ce lundi 23 janvier, le Conseil des Ministres européens des Affaires étrangères auquel je participais à Bruxelles a ainsi décidé d’imposer un embargo pétrolier graduel contre l’Iran, vu la décision de Téhéran de poursuivre son programme nucléaire.
De même, pour la Syrie, un gel d’avoirs et une interdiction de visa en Europe ont été décrétés à l’encontre de 22 personnes responsables de violations des Droits de l’Homme ainsi que 8 organisations apportant un soutien financier au régime, portant à 150 le nombre d’individus ou entités touchés par ce type de sanctions, suite à la répression sanglante opérée par les troupes de  Bachar al-Assad et qui a fait à ce jour plus de 5.000 morts.
Ces sanctions constituent un moyen de faire pression sur ces régimes, au nom des libertés mais également de la sécurité. Il faut à tout prix privilégier la diplomatie, qui passe également, si besoin, par des sanctions. Les nouvelles mesures européennes à l’égard de l’Iran visent à éviter un affrontement militaire.

C’est aussi dans cette optique que mon premier déplacement a eu lieu à Londres parce que nous devons garder des contacts avec ces partenaires qui jouent un rôle majeur dans certaines problématiques de sécurité et de défense.

Notre soutien est quant à lui apporté aux pays qui tentent de mettre en place un nouveau régime à travers des élections libres. La vigilance est de mise partout où l’on attend des élections et où celles-ci ne sont pas encore organisées, car l’on ignore comment se dessine le nouveau régime, de même que là où des élections ont lieu et où il faudra rester attentif à ce que l’on ne mette pas à mal des valeurs démocratiques et universelles.
Dans cette démarche, je me rendrai prochainement à Tunis, puisque c’est par la Tunisie que tout a commencé, ainsi qu’à Tripoli, la Belgique s’étant par ailleurs directement investie militairement pour la population libyenne.

Nous répondrons également présents pour être aux côtés des Congolais, à qui je rendrai visite le cas échéant après l’installation de la nouvelle assemblée, je l’espère dans de meilleures conditions de compilation des résultats que ce ne fut le cas pour les élections présidentielles.

Il faut être présent, il faut être solidaire. Pas pour favoriser un régime, mais pour les populations. Comme je l’exprime souvent à ceux qui ne comprendraient pas notre démarche d’aide à d’autres pays que le nôtre vu les difficultés que chacun traverse, si l’on n’aide pas par solidarité – ce qui n’est pas ma conviction -, faisons-le au moins par intérêt… En effet, on ne peut pas sans arrêt parler des problèmes de migration et ne pas se rendre compte qu’en aidant le développement sur place de projets économiques, on arrivera à arrêter cette migration. Je suis pour la liberté de circulation à travers le monde mais j’aimerais bien que cela soit par choix volontaire et pas poussé par la misère.

En termes de Commerce extérieur, nous aurons, également, un discours cohérent à la fois de défense des valeurs et de volonté de développement de liens économiques. Je n’ai pas l’intention de garder ma langue en poche : nous voulons combiner la préoccupation en matière de Droits de l’Homme et de libertés et les demandes des Régions, souvent très fortes, d’aller en mission.

Je voudrais effectuer une mission politique en Libye. Le Ministre-Président de la Région flamande s’est déjà rendu à Tripoli avec des entreprises. Ce que je souhaite en Libye, c’est une évolution vers des élections libres. Et tant mieux si des entreprises belges peuvent participer à la reconstruction et au développement du pays.
Par ailleurs, l’Agence pour le Commerce extérieur a déjà programmé quatre visites au Vietnam, au Japon, en Turquie et, fin de l’année, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Pendant ces missions, je souhaite avoir des contacts politiques en plus des contacts économiques. Nous y ajouterons peut-être des missions ciblées, en Inde, au Brésil.

Aller en mission, c’est plaider la cause de nos entreprises, mais c’est aussi aller chercher des grands acteurs qui veulent venir investir en Europe. Si la Belgique veut être un point d’entrée dans l’Union européenne, il faut promouvoir ses attraits. Si les Régions vont de par le monde faire la promotion des intérêts notionnels, je dois être capable de le faire aussi…

Notre approche au plan international sera concertée car une action de la Belgique seule ne dispose guère d’une grande capacité. C’est la raison pour laquelle nous réaffirmons nos approches communes au sein des pays du Benelux, dont la Belgique a la Présidence depuis le début janvier. Pour l’Iran, la Syrie, ou la Hongrie, nous sommes par exemple allés au Conseil avec la même approche. A l’échelle européenne, j’essaie de contribuer au développement d’une vision commune pour l’ensemble de l’Europe, avec la responsable des Relations extérieures de l’Union ainsi qu’avec mes collègues.

En ce qui concerne les affaires européennes, il faut plus que jamais pouvoir associer la discipline et la solidarité. C’est l’œuf et la poule. Les Allemands demandent que l’on commence par la discipline. Mais j’ai déjà dit à des collègues allemands, notamment mon collègue des Finances, qu’ils veulent commencer par les œufs mais qu’il faudra la poule. Car, si on n’a que des œufs, c’est terminé aussi. En Allemagne, quand il s’est agi de se réunifier, la générosité a primé sur un intérêt à court terme. On doit comprendre en Europe qu’on doit coupler la générosité à un intérêt bien compris à long terme. C’est vrai qu’à court terme cela coûte de l’argent. Mais rappelons que, jusqu’à présent, nous n’avons pas donné un euro à la Grèce. Ce sont des prêts à intérêts et l’on gagne sur ces prêts. Le contribuable belge n’a pas payé pour la Grèce.

Face à la situation de crise et l’attitude des marchés, nous avons mis sur pied lors de la Présidence belge de l’Union européenne trois autorités de contrôle. Nous défendons de longue date une taxe sur les transactions financières, d’abord au niveau européen ou de la zone euro si nécessaire. Un pare-feu a été mis en place et il faudra également un rôle accru de la Banque centrale européenne, prêteur en dernier ressort.
Cette année 2012 devra être, après un fédéralisme monétaire intervenu il y 10 ans avec l’euro, celle de la concrétisation d’un fédéralisme budgétaire.

>>>

Sur le même sujet:

Interview dans La Libre Belgique – Reynders: « Je n’aurai pas ma langue en poche »

Fédéralisme européen, suites du printemps arabe, relations transatlantiques et Congo au menu des vœux à la presse

Note de politique générale : la Belgique en Europe et dans le monde

FacebookTwitterLinkedInGoogle BuzzShare
Imprimer cet article