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déc 19, 2011

Vaclav Havel : l’Européen, l’homme libre, le «Président-philosophe»

De Vaclav Havel, ancien Président tchèque disparu ce dimanche, je retiens le message très européen : il a ouvert son pays à la démocratie, à L’Europe.

Vaclav Havel incarnait l’aspiration à la liberté. Ex-dissident anti-communiste, il fut l’un des porte-parole de la Charte 77, une organisation de défense des droits de l’Homme. Au moment de la chute du mur de Berlin, il est à la tête des mouvements d’opposition et d’initiative démocratique. Héros de la « révolution de velours », il accède à la Présidence en décembre 1989.

C’est par la force de conviction d’Européens tels que Vaclav Havel que l’Europe s’est construite en ses divers tournants du XXème siècle.

Considéré comme l’un des réunificateurs de l’Europe, il vivra d’ailleurs comme un échec l’éclatement de la Tchécoslovaquie trois ans plus tard.

Il reviendra à la tête de la République tchèque de 1993 à 2003.

L’homme engagé était aussi dramaturge et essayiste. En prison sous le joug soviétique, il écrira notamment « Lettres à Olga », sa première femme.

Plus tard, en 1996, il dira, dans un discours à Hiroshima, ceci de l’espérance : « Souvent, au cours de ma vie, et pas seulement en prison, il m’est arrivé de me trouver dans une situation où tout semblait se liguer contre moi (…). Et chaque fois que je m’interrogeais, je finissais par comprendre que l’espérance, au sens le plus profond du terme, ne vient pas du dehors. L’espérance est avant tout un état d’esprit que l’on partage ou non, indépendamment de la situation où l’on est plongé ». Poursuivant par ces mots : « L’espérance, de par sa nature même, dépasse la mort. (…) Nous ne pouvons pas croire que notre vie a un sens et conserver dans notre esprit une espérance permanente si nous avons la certitude que tout s’arrête définitivement après notre fin ». (Cf. La Libre Belgique, 19/12/11)

Souvent appelé le « Président-philosophe », sa vie a été qualifiée d’« œuvre d’art » par son compatriote Milan Kundera.

Homme de convictions, homme de culture, notre continent et sa construction ont perdu en la personne de Vaclav Havel un grand artisan de la démocratie, de la liberté, et un grand humain.

Son départ laisse un profond sentiment de tristesse.

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