Zone euro : il faudra à la fois la discipline et la solidarité
L’accord intervenu la nuit de jeudi à vendredi dans le cadre du sommet européen constitue un pas dans la bonne direction pour la zone euro.
Il y a d’une part la volonté d’avancer vers la discipline budgétaire, comme le souhaitent notamment les Allemands.
Concrètement, l’on va inscrire dans tous les dispositifs nationaux, c’est-à-dire les constitutions, la règle d’un déficit de 0,5% du Produit intérieur brut (PIB) maximum. Il s’agit globalement du constat de la réalisation des engagements des Etats. Ainsi, la Belgique s’est par exemple déjà engagée à retrouver l’équilibre à l’horizon de 2015. La Cour de Justice européenne pourra vérifier que l’on a bien inscrit cela dans le système juridique national. Ensuite, il faudra évidemment appliquer la disposition et renforcer, dans un nouveau traité, l’ensemble des mécanismes qui viennent d’être discutés. On a mis en place le « six pack », à savoir de nouvelles règles budgétaires, le semestre européen, l’échange d’informations beaucoup plus tôt dans l’année avec la Commission européenne, des sanctions. Tout cela va être traduit un peu plus fort de sorte que l’on renforce la capacité européenne en matière de discipline.
Cet accord va dans le sens de davantage d’intégration budgétaire européenne et, je l’espère bientôt, aussi économique, sociale, environnementale.
Il importe qu’à côté de la discipline, l’on renforce également la solidarité, les moyens d’action pour venir en aide aux pays en difficulté. J’espère par exemple que des pays européens vont renforcer le Fonds monétaire international (FMI) mais que peut-être la Chine ou d’autres fonds souverains vont également venir participer.
D’une manière ou d’une autre, il faudra les deux volets : à la fois la discipline et la solidarité, à la fois l’intégration budgétaire et les moyens d’action. C’est la logique de l’œuf et de la poule mais à un moment il faudra et l’œuf et la poule. L’on commence manifestement par la discipline.
Cette démarche s’opère au départ des 17 pays membres de la zone euro mais sur un modèle « 17 + », ouvert à tous ceux qui veulent le rejoindre. C’est avec satisfaction que l’on observe ce vendredi une quasi-unanimité des 27 Etats de l’Union pour aller de l’avant, à l’exception de la Grande-Bretagne.
Quand on avance dans une direction, si quelqu’un est un peu retard, on l’attend. S’il est en difficulté, on l’aide. Mais s’il ne veut pas avancer, à un moment donné, il faut lui laisser suivre sa route et gérer sa propre monnaie.
Voir l’interview sur Bel RTL du 9/12/11



