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avr 18, 2011

FMI : la situation de la dette belge plus favorable en 2011 qu’en 2006

FMI

« Le Fonds monétaire international a présenté ce week-end des chiffres encourageants sur la réduction des déficits publics et de l’endettement dans la zone euro en général et en Belgique en particulier », a indiqué ce dimanche Didier Reynders depuis Washington, où il participait aux réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. « En ce qui concerne la dette, la Belgique se retrouve en 2011 dans une situation plus favorable qu’en 2006, avant la crise financière », a-t-il précisé.

Au cours des dernières années, la dette de la France et de l’Allemagne ont fortement cru alors que celle de la Belgique diminuait d’une quarantaine de points par rapport au PIB. «Les chiffres du FMI ne varient guère de ceux présentés par le Gouvernement belge ou par l’Union européenne, mais cela fait plaisir de l’entendre venant du FMI,» s’est réjoui le vice-Premier et Ministre des Finances.

Qui attribue ce bon résultat à la capacité du gouvernement actuel de prendre des décisions.

Le Conseil des Ministres vient ainsi d’approuver le Programme de Stabilité 2011-2014 ainsi que le Programme national de Réformes, deux documents destinés à l’Union européenne et qui prévoient une série d’objectifs à atteindre. Le Programme de Stabilité prévoit un surplus de 0,2% du PIB en 2015. Pour les autres années, il retient un déficit de 3,6% en 2011, 2,8% en 2012, 1,8% en 2013 et 0,8% en 2014. Le budget 2010 avait été clôturé avec un résultat meilleur que prévu, à savoir un déficit de 3,8%. La dette belge n’a augmenté en 2010 que de 0,6%, soit l’augmentation la moins importante des pays de la zone euro, à l’exception de l’Estonie. Dans ses prévisions, le Gouvernement prévoit que le taux d’endettement sera de 88,4% du Produit national brut en 2015. Dans le Programme précédent, ce taux était fixé à 92,5% pour 2015.

Didier Reynders a toutefois insisté sur la nécessité qui s’imposera aux responsables publics de «mener des réformes» lors des prochaines années.

Restructurer vers une fusion du G20 Finances et du Comité monétaire et financier international

A Washington, Didier Reynders a souligné le rôle du FMI, en termes de surveillance après la crise de 2008, pour suivre année après année les engagements et progrès des Etats-membres en matière de consolidation fiscale, évoquant aussi l’intérêt, dans une approche multilatérale, d’échanges de bonnes pratiques, d’élaboration de standards pour une série de réformes. Le Ministre belge a précisé qu’il serait utile de mettre en place de lignes directrices claires, notamment pour la question des flux de capitaux. Vu la configuration mondiale, la question d’une extension des tests de résistance pour les banques – comme ils ont eu lieu pour des banques fortement implantées en Belgique – a été mise en avant par le Ministre : « On met en place des stress tests en Europe, aux Etats-Unis mais nous préparons le futur, la décennie à venir. Est-il possible d’organiser des tests partout dans le monde ? Pourquoi pas dans les pays émergeants, par exemple la Chine ? »

En termes de gouvernance, Didier Reynders a aussi indiqué qu’il fallait s’attendre à la fusion dans les prochaines années du G20 Finances et du Comité monétaire et financier international (CMFI), instance qui détermine les orientations politiques du FMI, « pour des raisons d’organisation pratique, vu la multiplication des différents forums, et pour s’assurer qu’il n’y ait qu’une instance pour la discussion formelle ».

Le G20 Finances, actuellement présidé par la France, rassemble les grands argentiers des pays riches et émergents. Le CMFI est l’instance dirigeante du Fonds monétaire international et compte 24 membres. Il est chargé de définir les grandes orientations du FMI au nom des 187 Etats membres. La Belgique y siège, prête à former une constituante commune avec les Pays-Bas pour céder un siège à un des pays émergents qui y est candidat.


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