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mar 24, 2011

Si les banques jouent trop avec les bonus, la taxe pourrait être augmentée, met en garde Didier Reynders

Didier Reynders a mis jeudi en garde les banques redevenues profitables sur le retour des gros bonus, et a affirmé qu’il n’hésitera pas à user de l’outil fiscal en cas d’abus.

«Si les banques ont de bons résultats aujourd’hui, c’est aussi parce que les contribuables les ont aidées à survivre. Quand nous travaillons pour augmenter les bas salaires de 120 euros par an et porter les pensions à 1.000 euros, le secteur financier doit faire attention à ne pas envoyer de message indécent,» a rappelé le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères dans une  interview au journal «L’Echo.» l

Didier Reynders y a aussi demandé aux banques d’être très prudentes dans le retour d’un certain nombre de pratiques:

«Et je pense tout particulièrement aux bonus. Il faut faire attention à ne pas de nouveau déraper, à ne pas donner l’impression que les banques repartent dans les pratiques antérieures.»

«Aux dirigeants de banques et aux administrateurs qui représentent l’État, j’ai toujours demandé que l’on applique les codes les plus stricts. Je n’exclus pas d’organiser une réunion avec les différentes banques dans lesquelles nous avons des intérêts pour en discuter. Malgré le retour des bénéfices, il faut que les rémunérations restent décentes, et que les établissements appliquent les règlent établies par le G20, et au niveau national,» a-t-il ajouté.

Et Didier Reynders de prévenir que «si l’on repart dans les anciennes pratiques, il y aura peut-être alors des outils fiscaux à utiliser. Le plus simple serait d’augmenter le pourcentage de taxation prélevée sur les résultats des banques plutôt que de taxer davantage les bonus qui le sont déjà à hauteur de 70%.»

Notre grand argentier a indiqué que le sauvetage des banques est la décision dont il est le plus fier:

«Ce sauvetage apporte aujourd’hui un retour financier pour l’État dépassant les deux milliards d’euros… cette somme inclut le rendement de notre investissement, ce qui est la moindre des choses. Je n’ai jamais été favorable à l’idée qu’un actionnaire public devrait être moins bien rémunéré qu’un autre. Nous sommes devenus le premier actionnaire de BNP Paribas. La banque a de bons résultats, et il est normal qu’elle nous paie des dividendes. Je n’ai pas l’impression que le gouvernement soit particulièrement vorace.»

Didier Reynders a ajouté qu’il préférerait «une règle européenne en la matière et qu’une loi en Belgique permette d’intégrer la notion de risque pris par les opérateurs financiers. C’est compliqué à réaliser. Je suis prêt à négocier à condition que le rendement soit le même.»

Le Ministre des Finances a rappelé qu’il a «toujours demandé aux dirigeants de banques et aux administrateurs qui représentent l’Etat que l’on applique les codes les plus stricts.»


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