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jan 19, 2011

Didier Reynders refuse d’envisager la faillite d’un Etat membre de l’U.E.

Didier Reynders a refusé hier à l’issue d’un Conseil des Ministre de l’Economie et des Finances de l’Union européenne l’éventualité de la faillite d’un Etat membre, et a donné au passage une volée de bois vert aux spéculateurs qui attisent les crises.

Notre Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances a, en effet, rejeté à l’issue de ce Conseil l’idée avancée par certains économistes de laisser les pays les plus faibles de la zone euro restructurer une partie de leur dette souveraine en crise.

«Laisser partir en faillite une petite banque, c’est toujours envisageable, mais le raisonnement est différent pour les acteurs systémiques, qu’il s’agisse d’une banque ou d’un Etat,» a expliqué Didier Reynders en rappelant les conséquences catastrophiques de la faillite de LehmanBrothers.

«Beaucoup d’observateurs sont prêts à voir le bateau prendre l’eau, du moment qu’ils sont sur la rive,» a-t-il ajouté, appelant par ailleurs à «regarder le CV des analystes qui appellent à la restructuration des Etats.»

«Je peux comprendre qu’un spéculateur donne des informations qui alimentent sa logique de spéculation….Les conseilleurs sont rarement les payeurs,» a poursuivi Didier Reynders, revenant sur l’affaire Fortis.

«On m’avait conseillé le stand-alone (…) Mais nous serions dans une situation bien plus dramatique si nous avions eu tout seuls Fortis sur les bras, surtout en affaires courantes,» a-t-il expliqué.

Didier Reynders a encore proposé à l’occasion de ce conseil Ecofin que l’Union européenne  coordonne la prochaine vague des ‘stress tests’ bancaires avec les Etats-Unis.

«Il faut peut-être organiser le même genre de ‘stress tests’ des deux côtés de l’Atlantique, parce que si vous avez des tests différents aux Etats-Unis et en Europe, nous devrons affronter de nombreuses critiques,» a expliqué notre grand argentier. Rappelons que les vingt-sept Etats membres ont imposé l’été dernier aux principales banques du continent des tests de résistance, destinés à vérifier qu’elles étaient suffisamment capitalisées pour faire face à une nouvelle crise. Bien que les dirigeants de l’UE aient assuré à l’époque qu’il était crédible, l’exercice n’a pas permis de mettre à jour les problèmes des banques irlandaises, qui ont pourtant entraîné le pays dans le chaos financier. Face à ces faiblesses, l’UE prépare une nouvelle vague de tests plus fiables pour le premier semestre de l’année.

Les Ministres européens des Finances étaient réunis pour travailler à l’équilibre délicat entre le renforcement des moyens du Fonds de sauvetage de la zone euro et la consolidation budgétaire qui, selon la plupart d’entre eux, doit y être liée.

Didier Reynders, qui a plaidé la semaine dernière pour un doublement des moyens du Fonds de sauvetage, a souligné mardi que cette augmentation pouvait prendre des formes diverses, en fonction du montage financier retenu.

Enfin, en marge du Conseil, Didier Reynders a indiqué que l’émission d’obligations d’Etat à dix ans lancée mardi par la Belgique «se déroule manifestement très bien depuis ce matin à des taux relativement favorables.»

«L’objectif que s’est fixé le trésor de récolter au minimum trois milliards d’euros sera atteint et même largement dépassé….Nous espérons lever une part significative de nos besoins pour 2011, en bénéficiant d’une diminution de la tension sur les taux,» a conclu le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances.


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