A la veille de nouvelles élections, le MR réaffirme ses priorités pour l’emploi, la lutte contre la crise, la sécurité et la réforme de l’Etat
C’est dans la ferveur, mais avec calme et détermination, devant un Hall des Sports comble, que Didier Reynders a réaffirmé, l’occasion de 1er mai libéral à Jodoigne, les thèmes forts du Mouvement Réformateur à l’entame d’une nouvelle campagne électorale : la défense et la création de l’emploi, la poursuite de la lutte contre la crise, la sécurité des citoyens -police, sapeurs-pompiers-, et la réforme de l’Etat.
Après le traditionnel défilé bon enfant, fanfare en tête, dans les rues de Jodoigne, le Président du MR a redit toute son ambition que l’on puisse faire appliquer les mesures de soutien aux services de protection des citoyens, comme les pompiers, à qui une enveloppe de 32 millions d’euros a été dédicacée, grâce notamment à toute la conviction des Réformateurs, lors du dernier contrôle budgétaire du Gouvernement. « Suite à l’explosion de gaz à Liège, tout le monde a salué le travail extraordinaire des services de secours. A présent, il faut agir », a-t-il déclaré.
Il en va de même pour les services de police, qui doivent également recevoir des moyens supplémentaires. « Non, le meurtre d’une jeune mère de famille en plein Bruxelles n’est pas un simple fait divers », a-t-il ajouté.
Autre maillon de la chaîne de la sécurité, la justice reste une priorité pour le MR. « La réforme de la justice est un échec», a dit Didier Reynders, «et nous réaffirmerons avec force nos demandes pour lutter contre toute impunité, dans le chef des victimes, des acteurs de la sécurité mais également des responsables d’actes délictueux ».
Face aux risques que pourrait amener chez nous, par la fragilisation de l’euro, la crise grecque, le Président du MR a insisté sur la capacité que nous devions avoir à prendre nos responsabilités pour préserver les citoyens belges, comme nous l’avons fait, même si cela fut parfois peu ou mal compris, lors la crise financière qui éclata fin 2008.
En termes de crise, Didier Reynders a également que le MR était favorable à la prolongation des mesures anticrise, comme celles octroyant aux employés la faculté de bénéficier du chômage économique.
En cette journée de Fête du Travail, le Président du MR a souligné que le Mouvement était derrière tous les travailleurs : ceux qui travaillent (diminution des charges), ceux qui veulent travailler et qu’il faut mieux accompagner, ceux que la maladie empêche de travailler, ceux qui ont travaillé et qui sont à la retraite. A cet égard, outre des livres de «certaines couleurs», le Mouvement Réformateur reste sur sa faim en ce qui concerne les avancées face à l’enjeu crucial des pensions.
Sécurité, justice, emploi, lutte contre la crise, voilà les thèmes qui continueront de motiver les Réformateurs à porter des actions concrètes pour les citoyens.
Les différends communautaires à l’origine de la crise actuelle ont bien sûr aussi été au centre de l’attention. Pour le MR, c’est clair et net : il s’agit de poursuivre les négociations pour permettre aux structures de l’Etat d’évoluer et éviter ainsi les écueils à l’avenir.
« Le MR s’est inscrit depuis des années dans une logique de réforme de l’Etat afin de faire évoluer les structures de l’Etat belge. Nous sommes prêts à continuer sur cette ligne et à négocier après les élections. Mais nous sommes aussi toujours prêts à faire respecter la dignité des francophones, » a souligné Didier Reynders.
Le Président du MR et l’ancien Ministre et Commissaire européen Louis Michel ont l’un et l’autre regretté que tant de retard ait empoisonné les relations entre les Communautés francophone et néerlandophone, alors qu’un accord était possible en 2005 et en 2007.
Pour Sabine Laruelle, Ministre des Indépendants, de l’Agriculture, des PME et de la recherche scientifique, la Belgique est « gangrenée par le problème. »
Louis Michel, qui n’a pas cité nommément la Présidente du cdH, Joëlle Milquet, n’a cependant pas hésité à pointer du doigt sa responsabilité dans l’échec des négociations communautaires, même si l’origine de la crise actuelle est due au jusqu’au-boutisme des partis flamands.
« Celle qui a refusé de négocier lors de la formation du gouvernement en 2007 porte une immense responsabilité dans le danger qui menace aujourd’hui le pays,» a souligné Louis Michel.
« Le refus irrationnel de certains a fait le lit des nationalistes flamands,» a rajouté Didier Reynders, expliquant que les récentes propositions de l’ex-Premier Ministre et Médiateur royal Jean-Luc Dehaene n’étaient pas acceptables.
« Avant la dernière négociation qui a conduit à la crise, Jean-Luc Dehaene a tenté de trouver une solution au dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il est enfin venu avec des propositions et il n’y a rien de blessant de rappeler que M. Dehaene est CD&V et flamand. Tous les francophones ont dit que ses propositions n’étaient pas acceptables telles quelles. Toutefois, nous étions prêts à négocier, » a expliqué le Président du MR.
« Mais nous allons rester calmes. Nous sommes toujours prêts à négocier mais qu’on ne se méprenne pas. Nous sommes prêts aussi à faire respecter la dignité des francophones. Il n’est pas possible de continuer à négocier sous la menace permanente,» a-t-il ajouté.
« Les Présidents flamands disent vouloir négocier mais ajoutent: vous acceptez nos conditions sinon nous imposerons notre volonté tout seuls. Cette menace permanente empêche de créer un climat de confiance,» a expliqué Didier Reynders.
Accueillant les participants, Jean-Paul Wahl, Bourgmestre de Jodoigne, a rappelé que les Flamands étaient les bienvenus à Jodoigne où ils viennent s’établir en nombre croissant.
« Nous avons à l’administration un guichet d’accueil pour les néerlandophones… ici, c’est Geldenaken, waar iedereen thuis is (Joidoigne, où chacun est chez soi),» a-t-il dit.
Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances a aussi rendu un vibrant hommage au « rôle stabilisateur du Roi Albert II.»
« Nous n’allons pas, nous, confisquer le drapeau belge ou la devise nationale ni la fonction royale,» a-t-il promis en référence aux choix du cdH, « mais, s’il y a une déclaration de révision, nous refuserons qu’on touche aux pouvoirs du Roi », a-t-il ajouté, confirmant ce qu’il avait déjà dit précédemment.
Pour Louis Michel, « la devise nationale appartient aux francophones, aux flamands, aux germanophones, aux dix millions de Belges»
En fait d’union, Louis Michel a aussi tenu à indiquer qu’il n’y avait plus de place pour les états d’âme, les petites phrases. « Nous sommes toutes et tous des sœurs et frères d’armes », a-t-il précisé.
Didier Reynders a encore rappelé la volonté du MR de voir les Belges de l’étranger pouvoir voter dans de bonnes conditions.
Enfin, Willy Borsus, vice-Président du MR et Chef de groupe des Réformateurs, au Parlement wallon, a rappelé à ceux qui rêvent déjà d’un olivier fédéral, que ce n’était pas vraiment une bonne idée.
« Ce sont des prédications intrépides, l’Olivier wallon est stérile, il ne produit que des pépins,» a-t-il constaté.













