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fév 14, 2009

Didier Reynders déclare que les contribuables « ont fait le maximum » pour les actionnaires du groupe Fortis

Didier Reynders

Pour Didier Reynders, « les contribuables belges ont fait le maximum pour les actionnaires du groupe Fortis. »

« Je reçois beaucoup de réactions de personnes qui estiment que le gouvernement en a fait trop à l’égard des actionnaires, car c’est avec l’argent du contribuable… Les contribuables ont fait le maximum. Je ne peux pas demander à des gens qui travaillent, à certains qui perdent leur emploi, qui quittent des entreprises en restructuration de mettre plus sur la table pour les actionnaires de Fortis groupe, » a expliqué le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances dans une interview publiée samedi dans La Libre Belgique.

Didier Reynders a indiqué que les actionnaires avaient essentiellement essuyé leurs pertes les plus importantes avant la décision prise en septembre dernier du Gouvernement fédéral de soutenir le bancassureur : « Les actionnaires ont investi en bon père de famille : on doit tenter de leur donner une participation à un projet industriel et un espoir de valeur pour leur groupe. Je crois que dans ce cas-ci on a fait le maximum. J’ai beaucoup de compréhension pour les actionnaires. Mais ils ont essentiellement perdu avant que les Etats n’interviennent. Si je prends le cas de Fortis, l’action était autour de 5 euros quand on nous a demandé de bouger, alors qu’elle avait atteint jusqu’à 35 euros. L’essentiel de la perte s’est faite à ce moment-là. Depuis septembre, les clients de banques, les épargnants n’ont absolument pas perdu. Ce n’est pas évident d’apporter une telle garantie. Il y a des pays qui n’y arrivent pas, » a expliqué Didier Reynders.

Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances a confirmé que la meilleure solution était maintenant, comme avant, de travailler avec la BNP. « Que disent les experts indépendants ? Que la solution la plus adéquate est l’adossement à BNP-Paribas. Le « stand alone » sera donc pénalisant pour l’Etat. Je constate aussi que les experts ont précisé que le prix payé était dur mais tout à fait acceptable. Quand j’entends encore aujourd’hui que nous avons bradé la banque : cela n’est pas vrai, » a-t-il constaté.

L’Etat va maintenant d’abord regarder la situation de la banque et prendre les mesures nécessaires pour rassurer totalement les clients. « Puis nous allons prendre contact avec les deux autres partenaires : l’un, c’est PNB-Paribas, l’autre, c’est le nouveau conseil. J’entends régulièrement dire : c’est dommage qu’il n’y ait pas eu plus de dialogue, » a expliqué Didier Reynders. Cela étant dit, « la vocation n’est pas de rester très longtemps. Tout dépendra de la durée de la crise et du retour à meilleure fortune des institutions dans lesquelles nous avons investi. L’idéal est de sortir en récupérant sa mise et si possible, d’ailleurs, en réalisant des plus-values. »

Quant à la Commission d’enquête, Didier Reynders estime que celle-ci doit poursuivre son travail : « Il faut pouvoir continuer le travail de la commission pour répondre aux questions posées par le Parlement. On a désigné des experts qui ont rédigé un rapport : il faut voir ce qu’il est encore possible de faire compte tenu du contenu de ce rapport. Moi, j’ai toujours dit que j’étais favorable à la commission. N’ayant exercé, moi-même ou à travers mon cabinet, aucune pression sur le pouvoir judiciaire, je ne vois pas très bien en quoi je suis concerné. »

Didier Reynders a aussi indiqué que certains partis, le PS pour ne pas le nommer, cherchaient à utiliser la Commission d’enquête pour lui nuire personnellement. « Si vous me demandez si je crois qu’il y a des jeux politiques derrière tout cela… Je ne le crois pas, j’en suis sûr. Si vous me demandez si je sens autour de moi une solidarité sans faille… c’est que vous êtes très mal informé, » a-t-il déclaré.

Quant aux difficultés qu’éprouvent certaines entreprises à obtenir du crédit, Didier Reynders a rappelé qu’il venait de mettre en place, avec Sabine Laruelle, Ministre des Indépendants, des PME, de l’Agriculture et de la Recherche scientifique, un médiateur pour étudier ces problèmes.

« Nous avons aussi demandé à la Banque nationale de voir si l’on pouvait constater, ou non, qu’il y avait des restrictions de crédit. Au conseil des ministres de ce vendredi, j’ai proposé des facilités pour les précomptes professionnels. Les entreprises qui le souhaiteront pourront payer le deuxième trimestre de précompte au troisième trimestre et le troisième au quatrième. Cela allègera leur situation. Ainsi, nous avons apporté une aide fédérale, pour les banques, de quelque 14,4 milliards. La mesure « précompte » que nous avons décidée porte sur un peu plus de 11 milliards, » a expliqué Didier Reynders.

Et l’an prochain on prévoira un atterrissage en douceur.


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